Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a pris la parole samedi à Ziguinchor, où il a accompli la prière de la Korité, pour exposer sa vision d’une intégration renforcée en Afrique de l’Ouest. Face à la presse, le chef du gouvernement a défendu l’idée d’un regroupement régional capable de s’imposer à l’échelle internationale à moyen terme.
Depuis la capitale de la Casamance, il a insisté sur la nécessité pour les États de dépasser les logiques strictement nationales. « Il est possible pour un pays d’être développé, même de petite taille, mais pas d’être puissant seul », a-t-il déclaré, estimant que l’organisation du monde repose désormais sur de grands ensembles capables de peser dans les rapports économiques et géopolitiques.
Une ambition régionale à long terme
Le chef du gouvernement sénégalais a évoqué un horizon d’environ vingt ans pour voir émerger un bloc ouest-africain structuré. Selon lui, la région dispose déjà de plusieurs leviers favorables, notamment des liens culturels étroits, une circulation importante des populations et des références historiques communes.
Il a également cité la CEDEAO comme un cadre existant sur lequel s’appuyer. L’organisation sous-régionale, fondée en 1975, regroupe aujourd’hui quinze États membres et œuvre notamment à la libre circulation des personnes et des biens, ainsi qu’à la coordination des politiques économiques. Ousmane Sonko a appelé à renforcer son fonctionnement pour en faire un outil plus opérationnel.
L’adhésion des populations posée comme condition
Au-delà des mécanismes institutionnels, le Premier ministre a insisté sur l’implication des citoyens. Il a estimé qu’un projet d’intégration ne pouvait reposer uniquement sur des décisions politiques, jugeant indispensable l’adhésion des populations pour garantir sa pérennité.
Cette prise de position intervient alors que plusieurs pays de la région multiplient les discours en faveur d’une plus grande souveraineté économique et politique. Les débats sur la coopération régionale, la dépendance extérieure ou encore les mécanismes monétaires alimentent régulièrement l’actualité ouest-africaine, traduisant une volonté croissante de redéfinir les cadres de collaboration entre États.
Les orientations évoquées par le Premier ministre sénégalais devraient s’inscrire dans les prochaines discussions régionales, notamment lors des rencontres de la CEDEAO consacrées à l’intégration économique et à la coordination des politiques publiques.

