Il y a deux ans, ce slogan tonnait dans les rues de Dakar, scandé par des milliers de jeunes poings levés : « Sonko moy Diomaye, Diomaye moy Sonko. » Sonko est Diomaye, Diomaye est Sonko. Une seule âme, deux corps. Un projet, deux hommes fusionnés dans le même combat, la même prison, le même rêve de rupture.
Aujourd’hui, cette phrase sonne creux. Comme un serment prononcé dans la fièvre et oublié au matin.
Tout repose sur un arrangement politique aussi brillant que fragile. Sonko, empêché de se présenter par une condamnation judiciaire dans un contexte de répression sanglante — des manifestants tués dans les rues, une jeunesse gazée et emprisonnée — impose Bassirou Diomaye Faye comme candidat du PASTEF. Un homme loyal, militant de l’ombre, sorti de prison onze jours seulement avant le scrutin. Le pari est audacieux. Il fonctionne au-delà de toutes les espérances : Diomaye remporte la présidentielle dès le premier tour avec 54% des voix.
L’arrangement implicite ? Diomaye occupe le Palais, Sonko tient la Primature. Deux têtes, un seul cerveau. Du moins, c’est ce que Sonko avait prévu.
Sauf que Diomaye avait autre chose en tête.
« Personne ne peut effacer mon travail » Le 7 mars 2026, à l’hôtel King Fahd Palace de Dakar, devant 500 militants et 300 maires ralliés à sa coalition personnelle « Diomaye Président », le chef de l’État déclare : « Personne ne peut effacer mon travail dans Pastef et aujourd’hui plus que jamais je revendique mon appartenance. »
Un message politique sans ambiguïté : il n’est pas une marionnette. Il revendique sa propre légitimité. Il va plus loin. Il rappelle que Pastef avait été dissous par décret en juillet 2023, que sans sa candidature, sans les alliances tissées dans l’adversité, le projet politique de Sonko n’aurait peut-être pas survécu.
Pendant ce temps, à la même heure, Sonko publie sur Facebook qu’il a « passé une excellente journée dans les champs. » Le message est limpide : l’assemblée générale de la coalition Diomaye Président ne méritait pas sa présence. Le slogan d’hier est mort ce jour-là, silencieusement, sans funérailles.
Deux légitimités, un seul trône
Ce qui se joue au Sénégal n’est pas une simple querelle d’égos. C’est un choc de légitimités. Sonko incarne la rue, la jeunesse, la base militante qui s’est battue pendant des années, qui a manifesté, qui a été gazée, emprisonnée, endeuillée. Pour beaucoup de ses partisans, Diomaye n’est président que par procuration. Un député Pastef l’a dit sans détour : « Le président Bassirou Diomaye Faye n’est pas notre leader politique. »
Diomaye incarne l’institution. Il détient les attributs constitutionnels, la coalition des maires, la légitimité des urnes. Depuis le Palais, il construit une base politique autonome, indépendante de l’appareil du PASTEF, avec le ralliement annoncé de 300 maires autour de sa coalition.
2029 : l’échéance qui structure tout
Derrière les tensions de mars 2026 se profile l’échéance décisive. Diomaye peut légalement se représenter en 2029. Sonko, désormais éligible, ambitionne sa propre candidature. Le 1er mars, il a posé sa ligne rouge publiquement : si Diomaye s’écarte de la ligne du PASTEF, « le parti quitte le gouvernement et retourne dans l’opposition. »
Les déclarations, les absences calculées et les coalitions rivales ne sont que la répétition générale d’un duel qui se jouera sans filet.
Sonko moy Diomaye, Diomaye moy Sonko. Ce slogan avait soudé un peuple dans l’espoir. Deux ans plus tard, il ressemble à l’épitaphe d’une alliance que le pouvoir n’a pas su préserver.


Joe..a raison
mais je regrette qu il ne va pas loin dans ses anslyses
Le pouvoir..ne se partage pas..et transforme l homme
Sankara..blaise..
Kerekou..aipke..
Mombutu..lumumba
Plein..d exemple
Pour..le cas..d espece…diomafaye..qui..le connait au senegal
C est un president..par defaut
J ai peur..qu il finisse mal..voire..qu il soit oblige..de fuire..le senegal
Les senegalais..c est un peuple..a part
Ce qui se passe au Sénégal entre Diomane Faye et Sonko etait prévisible.
Attendez 2027 à la même période entre Wadagni et Talon au Bénin.
Ce sera la copie conforme de qu’à fait l’actuel président de l’Angola de l’héritage laissé à lui par le défunt président Do Santos.
La rupture sera d’une violence rare et vous allez voir ce que vous allez voir.
L’exercice du pouvoir transforme l’homme. Lisez Machiavel et vous allez y comprendre quelque chose.
Cherchez donc l’erreur
Attendez 2027 à la même période entre Wadagni et Talon au Bénin
Joe là, tu ne fais pas une bonne analyse…Diomaye et Sonko militaient contre Macky et se retrouvent à partager le pouvoir après leur coalition.
Ici au Bénin, Wadagni est l’employé docile de Talon et n’a pas d’ambitions personnelles…ce n’est pas pour rien que Talon l’ait choisi parmi tous ses courtisans.
En réalité, c’est juste pour faire semblant de respecter les deux mandats que Talon le place là. Durant les 14ans que Wadagni fera au pouvoir, ce sera toujours Talon qui gérera le pays dans l’ombre : toutes les lois et nominations que Romuald prononcera viendront de Talon et je pense qu’il va continuer de présider le conseil des ministres afin d’avoir le regard sur tout.
Flouttez mes commentaires n’est pas la bonne décision même si votre environnement de travail n’est pas enviable en ce moment au Bénin.
Encore que notre ami @L’idiotducoin est le moins Idiot de cet espace.
Je partage sa réflexion.
Millimètre Jacques Vergès, avec ton QI de kpankékés…yao kpankpékpé…