Bénin : Au-delà des spectacles, le FINAB forme et connecte

La quatrième édition du Festival international des arts du Bénin (FINAB), ouverte le 20 février 2026, s’est achevé ce dimanche 1er mars après dix jours d’activités artistiques et professionnelles ayant réuni à Cotonou des créateurs et experts venus de 17 pays. En marge des spectacles et des défilés, près d’une cinquantaine de rencontres académiques ont été organisées pour outiller les acteurs culturels sur les enjeux économiques, structurels et politiques du secteur.

Porté par le comité d’organisation du festival, ce programme parallèle a rassemblé des producteurs, diffuseurs, chorégraphes, programmateurs et consultants autour de formats variés : masterclass, conférences, formations et séances de réseautage professionnel.

Des échanges centrés sur la monétisation et l’industrialisation de l’art

La masterclass consacrée aux stratégies de revenus durables dans les industries culturelles et créatives a réuni le producteur Adams, le consultant béninois Didas Vodounou et le dirigeant de Scornight Music Guillaume Fagbohoun, sous la modération de Hervé Riesen, directeur adjoint de FIP Radio France. Les interventions ont porté sur les mécanismes de génération de revenus, la structuration des carrières artistiques et l’adaptation aux modèles numériques.

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Les formations ont également abordé l’économie des arts, la politique culturelle et les conditions d’industrialisation du secteur, avec pour objectif de doter les professionnels locaux d’outils opérationnels. Ces sessions visaient à réduire l’écart entre la production artistique et sa valorisation économique, question récurrente dans les débats sur les industries culturelles africaines.

Un réseau continental entre opérateurs culturels

Les speed meetings ont permis des rencontres directes entre acteurs béninois et personnalités internationales, dont Babylash Ndiaye, président du réseau Arterial Network, Alex Sawadogo, délégué général du FESPACO, l’artiste-producteur Didier Awadi et Noël Vitin, représentant de l’Institut français. Ce format était destiné à faciliter les collaborations, l’accès aux circuits de diffusion et le montage de projets communs.

La conférence sur la mondialisation des scènes africaines a analysé les stratégies de circulation des œuvres et la place des productions du continent dans les programmations internationales. Le panel réunissait Alex Sawadogo, Hervé Riesen, Didier Awadi et l’économiste du patrimoine Jérémié Zanmassou, avec une modération assurée par le spécialiste en management culturel Moustapha Ahounou.

Une autre rencontre consacrée à la danse comme langage universel a réuni des chorégraphes et pédagogues d’Afrique, d’Europe et d’Amérique latine autour des questions de formation, de transmission et de structuration des compagnies.

Une orientation vers le renforcement des compétences locales

Selon les données communiquées par l’organisation du FINAB, ces activités avaient pour finalité la montée en compétence des professionnels béninois et leur mise en relation avec des experts internationaux invités pour le festival. Cette orientation s’inscrit dans la dynamique nationale de développement des industries culturelles et créatives, identifiées comme secteur prioritaire par les politiques publiques béninoises depuis l’adoption du Programme d’action du gouvernement. Durant la même période, la programmation artistique a maintenu ses temps forts, notamment la FINAB Fashion Week du 22 février avec le styliste nigérien Alphadi comme invité d’honneur, ainsi que les journées culturelles dédiées au Nigeria et au Togo.

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