Bénin : Ce qu’il faut retenir de la rencontre entre Talon et les médecins en formation

Le Collectif des étudiants et médecins en formation médicale spécialisée de la République du Bénin a annoncé, lundi 16 mars 2026 à Cotonou, la suspension de son mouvement de retrait et la reprise des activités hospitalières. Cette décision intervient à l’issue d’une audience de plus de trois heures accordée par le président de la République à une délégation mandatée du collectif.

Réunis autour des préoccupations liées à leur statut et à leurs conditions d’exercice, les représentants des externes, internes et docteurs en études de spécialisation ont exposé leurs revendications au chef de l’État, qui a reçu un mémorandum détaillant les difficultés rencontrées dans le système de formation clinique.

Mise en place d’une commission pour un cadre juridique

Selon le communiqué signé par le collectif, le président de la République a validé le principe de la création immédiate d’une commission ad hoc chargée d’élaborer un cadre juridique spécifique aux médecins en formation. Cette instance devra regrouper des représentants du collectif et des autorités de tutelle afin d’aboutir à un texte unifié encadrant le statut du personnel en formation clinique ainsi que les conventions hospitalières.

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Les discussions engagées lors de cette audience ont porté sur la formalisation d’un statut protecteur, présenté comme une priorité par les médecins en formation. Le collectif indique que les propositions soumises seront consolidées au sein de cette commission, avec pour objectif une adoption dans des délais rapprochés. Cette évolution intervient alors que le système sanitaire béninois fonctionne avec une forte implication des médecins en formation dans la prise en charge des patients, notamment dans les hôpitaux publics.

Situation judiciaire de trois praticiens évoquée

La question des trois médecins condamnés en première instance a également été abordée au cours des échanges. D’après le collectif, le chef de l’État a rappelé son attachement au principe de séparation des pouvoirs et à l’indépendance de la justice, excluant toute intervention de l’exécutif dans une procédure en cours.

Les représentants des médecins en formation indiquent avoir été invités à s’en remettre à la procédure d’appel engagée devant la Cour d’appel de Cotonou. Le collectif affirme maintenir sa confiance dans les voies de recours prévues par la législation en vigueur.

Reprise des activités et encadrement renforcé

À la suite de ces engagements, le collectif a décidé de lever la suspension des activités. La reprise des stages hospitaliers, des gardes et de la formation clinique est fixée aux mardi 17 et mercredi 18 mars 2026, selon les indications communiquées.

Cette reprise s’accompagne de mesures conservatoires encadrant strictement l’exercice des médecins en formation. Le collectif impose notamment que toute décision médicale soit validée au préalable par un praticien senior. Les actes opératoires réalisés par des internes ou des médecins en spécialisation devront se faire sous supervision physique continue.

Les prescriptions médicales devront comporter l’identification du praticien senior responsable, avec sa signature, afin d’assurer la traçabilité des actes. Les comptes rendus cliniques devront également mentionner les noms des médecins ayant supervisé les interventions. Ces dispositions visent à limiter les risques juridiques pour les praticiens en formation dans l’attente de l’adoption d’un statut formel.

Une reprise sous condition dans l’attente de réformes

Le collectif appelle ses membres à respecter strictement ces directives, qui doivent également être portées à la connaissance des structures administratives et sanitaires. La mise en place effective de la commission annoncée et l’évolution du cadre juridique constitueront les prochaines étapes attendues dans ce dossier. Les travaux de cette instance devraient déterminer les conditions d’exercice des médecins en formation dans les établissements de santé publics.

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