Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a requis, jeudi 26 mars 2026, la relaxe au bénéfice du doute de la comédienne Aurélie Guézo, poursuivie pour escroquerie via internet. L’audience s’est tenue devant la juridiction spéciale, en présence des parties au dossier.
Cette réquisition intervient après plusieurs mois de procédure marquée par une remise en liberté provisoire accordée à la prévenue en janvier, contre le versement d’une caution fixée à 500 000 FCFA.
Le ministère public plaide l’insuffisance de preuves
Au cours de l’audience, le représentant du parquet spécial a demandé à la cour de prononcer la relaxe au bénéfice du doute. Il a également sollicité la déconsignation de la somme versée dans le cadre de la mise en liberté provisoire.
Cette position du ministère public traduit une appréciation des éléments du dossier jugés insuffisants pour établir de manière certaine la responsabilité pénale de la prévenue. La relaxe au bénéfice du doute intervient lorsque la juridiction estime que les charges ne permettent pas de conclure à la culpabilité au-delà de toute incertitude.
La défense maintient la thèse de l’innocence
Dans sa plaidoirie, l’avocat de la comédienne, Omer Tchiakpé, a demandé la relaxe pure et simple de sa cliente. Il a soutenu que celle-ci ne disposerait pas du niveau d’instruction nécessaire pour commettre les faits qui lui sont reprochés.
La défense a également sollicité la restitution de la caution versée. « Elle ne peut être tenue responsable des faits pour lesquels elle est poursuivie », a-t-il déclaré à la barre. Aurélie Guézo a, depuis le début de la procédure, rejeté les accusations portées contre elle.
Une affaire issue d’une enquête du CNIN
La comédienne avait été interpellée à la suite d’investigations menées par le Centre national d’investigations numériques (CNIN). L’enquête portait sur l’utilisation d’un numéro téléphonique enregistré en son nom, qui aurait servi à des opérations d’escroquerie en ligne impliquant un institut public.
Les investigations visaient à identifier les auteurs de ces pratiques frauduleuses, dans un contexte de multiplication des escroqueries numériques signalées par les autorités. Connue du public pour ses apparitions dans les productions de la troupe Semako, dirigée par Pipi Wobaho et Éléphant Mouillé, la comédienne s’est retrouvée au centre de cette procédure judiciaire après l’association de son identité à la ligne téléphonique incriminée. Le verdict de la CRIET est attendu le 30 avril 2026.

