Au Bénin, la chambre correctionnelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a examiné, jeudi 12 février 2026, le dossier du tiktokeur Valère Noukonmè poursuivi pour diffusion en direct d’actes sexuels sur le réseau social TikTok et pour des faits présumés d’escroquerie via internet.
Le ministère public a requis à son encontre cinq ans d’emprisonnement ferme et une amende d’un million de francs CFA, selon l’envoyé spécial de Libre Express. Interpellé en octobre 2025 par les agents du Centre national d’investigations numériques (CNIN), le prévenu avait été placé en détention préventive après son passage devant le parquet spécial.
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L’arrestation du mis en cause fait suite à la diffusion en direct de contenus à caractère sexuel sur TikTok, un fait signalé à l’époque par le CNIN dans un communiqué. Durant la garde à vue, l’exploitation technique de son téléphone portable par les enquêteurs a permis de découvrir des données présentées comme liées à des activités cybercriminelles.
Ces éléments ont conduit à l’ouverture de poursuites pour outrage public à la pudeur et escroquerie via internet. À la barre, le prévenu a contesté les accusations portées contre lui. La procédure relève de la compétence de la CRIET, juridiction spécialisée notamment dans la répression des infractions économiques et numériques. Les dossiers liés à la cybercriminalité y sont régulièrement instruits sur la base des dispositions du Code du numérique en vigueur au Bénin, qui encadre les infractions commises en ligne et leurs sanctions pénales.
Le parquet évoque des pratiques d’arnaques en ligne
Dans ses réquisitions, la cinquième substitut du procureur spécial a soutenu que les contenus diffusés en direct confirmaient la nature des données retrouvées dans le téléphone du prévenu. Le ministère public a également affirmé que celui-ci se livrait à des pratiques d’escroquerie en ligne, notamment à travers des procédés communément appelés « plan love » et « plan cul ».
Pour le parquet, ces éléments suffisent à maintenir les deux chefs d’accusation. Il a demandé à la juridiction de retenir le prévenu dans les liens de prévention et de prononcer, outre la peine d’emprisonnement et l’amende, la confiscation du téléphone placé sous scellé. L’affaire a été mise en délibéré au 2 avril 2026. À cette date, la CRIET devra se prononcer sur la culpabilité ou non du prévenu et sur les peines éventuelles.
