Le Bénin a formellement octroyé sa nationalité à neuf Afro-descendants samedi 21 mars au Complexe judiciaire de Cotonou, une cérémonie organisée conjointement par les Ministères des Affaires étrangères et de la Justice. Cette naturalisation de masse intervient dans le cadre du programme de reconnaissance lancé pour réparer symboliquement les effets de la traite transatlantique.
Parmi les neuf nouveaux citoyens, plusieurs sont Haïtiens, selon le site officiel du gouvernement. Les récipiendaires sont : Romulus Jean Énerve, Jean-Jackson Daniel, Vives Martinez Irving, Romulus Vanessa, Delano Michael Davis, Gunter Ramone Deangeletis, Regina Alexia, Polissaint Frantz et Sidney Hermionne Davy. Les ministres Olushegun Adjadi Bakari et Yvon Detchenou, ainsi que la Conseillère technique du Ministère de la Justice Rose Marie Sossa, ont présidé la remise des attestations de nationalité.
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L’Autorité de Délivrance des Actes relatifs à la Nationalité a mené un examen minutieux des antécédents familiaux et des pièces justificatives de chaque candidat selon le discours présenté par Madame Rose Marie SOSSA, conseillère technique au Ministère de la Justice. Le programme impose aux postulants une démonstration de leurs liens ancestraux via tests génétiques, documents familiaux ou témoignages, ainsi que le respect de critères d’âge et de statut de nationalité définis par la législation béninoise depuis l’adoption de la loi n°2024-31 en septembre 2024.
Les récipiendaires expriment leur attachement
Jean-Jackson Daniel a déclaré que plus de 60 % des Haïtiens descendent historiquement d’Ancêtres venus du Bénin. Romulus Jean Énerve, désormais « Béninois à part entière », a souligné que pour un Haïtien, ce retour n’était pas fortuit, affirmant : « On a toujours été l’Afrique aux Antilles ». L’État béninois a réaffirmé lors de la cérémonie que sa conception de la nationalité repose sur une « mémoire collective et un attachement profond à l’histoire commune », dépassant les critères traditionnels de naissance ou de résidence.
Une politique de mémoire en expansion
Cette initiative, qualifiée de « justice mémorielle » par les autorités béninoise, dépasse le cadre administratif pour véhiculer un message d’unité. Le gouvernement avait préalablement lancé la plateforme numérique My Afro Origins en juillet 2025 pour traiter les demandes à l’échelle internationale. Pour le Bénin, cette politique représente un levier de soft power et de rapatriement de capital humain, particulièrement dans les domaines entrepreneurial et académique.
