Bénin : sept prévenus condamnés à 5 ans de prison dans l’affaire des ossements au CNHU

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a rendu son verdict jeudi 26 mars 2026 dans le dossier des ossements humains découverts au Centre national hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga. Les sept prévenus poursuivis dans cette affaire ont été reconnus coupables et condamnés à des peines d’emprisonnement ferme.

Selon la décision de la juridiction spéciale, les accusés ont été déclarés coupables d’« abus de fonctions et complicité d’abus de fonctions ». Le tribunal a prononcé contre chacun d’eux une peine de cinq ans de prison ferme, assortie d’une amende solidaire de cinq millions de francs CFA au profit de l’État béninois.

Des peines inférieures aux réquisitions du parquet

Lors de l’audience du 22 janvier 2026, le parquet spécial près la CRIET avait requis des peines plus lourdes. Le ministère public avait demandé huit ans d’emprisonnement ferme contre cinq des mis en cause, estimant leur implication établie dans des prélèvements illicites sur des corps conservés à la morgue du CNHU.

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Le représentant du parquet avait également sollicité la relaxe au bénéfice du doute pour deux prévenus. La décision rendue par la cour diffère de ces réquisitions, en retenant la culpabilité de l’ensemble des sept accusés et en fixant une peine unique.

Les juges ont en outre ordonné l’incarcération de deux personnes présentées comme des acheteurs de restes humains. Ces derniers comparaissaient libres jusque-là. La juridiction a délivré à leur encontre des mandats de dépôt à l’issue du prononcé du jugement.

Des faits liés à des prélèvements sur des corps à la morgue

Le dossier trouve son origine dans la découverte d’ossements humains derrière la morgue du CNHU à Cotonou. Parmi les prévenus figurent des agents de morgue, appelés « morguiers », soupçonnés d’avoir participé à des pratiques irrégulières sur des dépouilles.

Au cours des débats, le parquet s’est appuyé sur des éléments extraits de téléphones portables saisis dans le cadre de l’enquête. Selon le ministère public, ces échanges feraient apparaître l’existence d’opérations portant sur des parties de corps humains, notamment des crânes, des ongles et d’autres éléments prélevés sur des cadavres.

Le représentant du procureur spécial avait qualifié les faits de graves, au regard de leur nature et du cadre hospitalier dans lequel ils se seraient déroulés. Les prévenus, pour leur part, ont maintenu leur position de non-culpabilité tout au long de la procédure.

Une décision rendue en première instance

Le jugement prononcé par la CRIET intervient après plusieurs audiences consacrées à l’examen du dossier. La juridiction, compétente en matière d’infractions économiques et assimilées, a tranché en première instance.

En droit béninois, les décisions rendues par la chambre correctionnelle de la CRIET peuvent faire l’objet d’un appel devant la chambre des appels de la même juridiction, dans les délais prévus par la procédure pénale. À l’issue de ce verdict, les condamnés disposent de voies de recours pour contester la décision. L’évolution du dossier dépendra des éventuelles démarches engagées dans ce cadre.

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