La guerre déclenchée le 28 février 2026 par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran a mis à nu les divisions profondes qui traversent les BRICS. Le bloc de onze membres, qui compte l’Iran en son sein depuis janvier 2024, n’a publié aucune déclaration collective depuis le début du conflit.
Le groupe rassemble le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud — membres fondateurs — auxquels se sont ajoutés entre 2024 et 2025 l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Indonésie. Cette extension, censée renforcer le poids du Sud global face à l’ordre occidental, a introduit dans le groupe des pays aux intérêts radicalement opposés, comme l’a montré la crise iranienne.
Moscou et Pékin d’un côté, Abu Dhabi de l’autre
La Russie a qualifié l’offensive américano-israélienne d’« agression armée non provoquée contre un État souverain » et averti d’un risque de « catastrophe humanitaire, économique et potentiellement radiologique ». La Chine a condamné les frappes dans des termes proches, affirmant par la voix de sa porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, qu’elles constituaient une « grave violation de la souveraineté et de la sécurité de l’Iran ». Le Brésil a exprimé sa « profonde préoccupation » et appelé au respect du droit international.
À l’opposé, les Émirats arabes unis — membres des BRICS depuis 2024 — ont condamné les frappes iraniennes de représailles et affirmé leur droit de riposte aux côtés des États-Unis, de l’Arabie saoudite, du Qatar, du Koweït et de Bahreïn dans une déclaration commune. Le Premier ministre indien Narendra Modi avait effectué une visite de deux jours en Israël les 25 et 26 février, soit moins de 48 heures avant le début des frappes, concluant un « partenariat stratégique spécial » avec Benjamin Netanyahu. Le 1er mars, l’Inde a condamné les frappes iraniennes contre les Émirats sans nommer Téhéran, une position interprétée par plusieurs analystes comme un alignement de fait sur le camp américano-israélien.
Des fractures antérieures au conflit iranien
La paralysie des BRICS face à la guerre en Iran prolonge des divisions qui préexistaient au conflit. L’Inde et la Chine entretiennent depuis des années un contentieux territorial dans l’Himalaya qui a donné lieu à des affrontements meurtriers en 2020 dans la vallée de Galwan. Les deux pays ont engagé un processus de désescalade depuis fin 2024, mais leurs ambitions stratégiques respectives en Asie du Sud et en Asie centrale restent concurrentes. L’Inde a par ailleurs refusé de condamner l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, tout en continuant d’acheter du pétrole russe à prix réduit.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré à l’agence Sputnik que « la participation aux BRICS n’implique pas d’obligation d’assistance mutuelle en cas d’agression armée », confirmant que le groupe ne dispose d’aucun mécanisme de défense collective. Des analystes interrogés par le site Middle East Eye estiment que cette incapacité à répondre à l’attaque contre l’un de ses membres pourrait être le coup le plus dommageable à la crédibilité du bloc depuis sa création.
Un sommet attendu en septembre à New Delhi
Les membres des BRICS doivent se retrouver en septembre 2026 à New Delhi, sous présidence indienne. La guerre en Iran et ses répercussions — perturbation des flux pétroliers au détroit d’Ormuz, hausse des prix de l’énergie, déstabilisation des monarchies du Golfe membres du groupe — s’imposeront comme le principal dossier géopolitique de ce sommet. Aucune réunion extraordinaire n’a été convoquée à ce stade.

« la guerre en Iran révèle les fractures du bloc »
De la soupe … du n’importe quoi. D’abord les BRICS n’ont pas de relations au niveau militaire. Ce n’est pas l’OTAN. Ensuite la Chine et L’inde, par exemple, sont de vieux ennemis qui omt des intérêts communs mais qui ne sont pas d’accord sur tout. C’est pourtant clair !