Le parquet du Tribunal de grande instance de Ouagadougou a réclamé, jeudi 5 mars 2026, une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme assortie d’une amende supérieure à 250 millions de F CFA à l’encontre de Laure Zongo/Hien, ancienne ministre de l’Action humanitaire du Burkina Faso. Elle comparaît pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.
L’affaire implique plusieurs anciens responsables du ministère. Son successeur à la tête du département, Yé Yaké Camille, encourt pour sa part 11 ans de prison ferme et plus de 522 millions de F CFA d’amende — la peine la plus lourde requise lors de cette audience. Au total, huit prévenus sont jugés dans ce dossier portant sur un détournement estimé à plus de 3 milliards de F CFA.
Un ministère utilisé à des fins personnelles, selon l’accusation
Devant le tribunal, l’Agent judiciaire de l’État a décrit un ministère dont les ressources auraient été détournées au profit de certains responsables. Selon lui, Laure Zongo/Hien aurait perçu des fonds indus, dont 35 millions de F CFA qui lui auraient été remis par l’intermédiaire de l’homme d’affaires Ismaël Ouédraogo, lui-même prévenu dans le dossier.
Le parquet a également mis en cause un contrat de 115 millions de F CFA signé avec la société Pluf, lié à un détournement présumé de carburant évalué à 86,3 millions de F CFA. Ce contrat n’aurait pas été déclaré lors des contrôles de l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC). Les fonds auraient servi à couvrir des dépenses personnelles.
L’accusation pointe également l’acquisition de plusieurs biens immobiliers enregistrés au nom de tiers, présentée comme une tentative de dissimuler l’origine des fonds. « Un ministre dispose des moyens de l’État pour servir l’intérêt public, et non pour ses intérêts privés », a déclaré le ministère public.
Des réquisitions qui visent l’ensemble du patrimoine des accusés
Au-delà des peines d’emprisonnement et des amendes, le parquet a demandé la confiscation des biens de Laure Zongo/Hien et de Yé Yaké Camille à hauteur des sommes présumées détournées. Des mandats de dépôt ont également été réclamés contre certains prévenus. La défense doit désormais présenter ses plaidoiries avant que le tribunal ne rende son verdict, dont la date n’a pas encore été annoncée à l’issue de l’audience du 5 mars.

