Campagne présidentielle au Bénin : Les caravanes pro-Wadagni-Talata envahissent le terrain

Le ton est donné. À l’ouverture officielle de la campagne électorale, vendredi 27 mars 2026, la plateforme des mouvements, associations et leaders soutenant le duo Wadagni-Talata a déployé une caravane d’envergure nationale. Objectif affiché, occuper le terrain, renforcer la visibilité du ticket présidentiel et traduire en mobilisation concrète l’adhésion revendiquée autour de son projet. De l’Atlantique au Borgou, en passant par l’Ouémé, plusieurs circuits ont été simultanément activés, avec un point de convergence à Cotonou. Focus sur le circuit 1, avant un tour d’horizon des autres foyers de mobilisation.

Circuit 1, de l’UAC à l’Amazone, une montée en puissance progressive

À Abomey-Calavi, le premier regroupement s’est formé dès 16 heures devant l’Université d’Abomey-Calavi. Sur place, des zémidjans, mobilisés pour l’occasion, prennent en charge les représentants des différents mouvements. L’ambiance est déjà marquée par des animations sonores et une présence visible de militants arborant les couleurs du duo.

Une heure plus tard, au carrefour Média Production, le cortège s’étoffe. Les arrivées se succèdent, renforçant la densité de la caravane qui prend progressivement la direction de Cotonou. À mesure que les minutes passent, la dynamique s’installe, mêlant démonstration de force et stratégie d’occupation de l’espace public.

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À 18 heures, la Place de l’Amazone devient le point névralgique. Les caravanes en provenance de Porto-Novo et de Ouidah y convergent, formant un ensemble compact avant de se diriger vers le siège de campagne du duo à Fidjrossè. Après ce passage symbolique, le dispositif revient vers l’esplanade pour un concert destiné à prolonger la mobilisation dans un registre festif.

Sur le terrain, les organisateurs mettent en avant une adhésion visible. « La population est sortie massivement, ce qui montre que nous avons l’adhésion et l’engouement », a affirmé Nouroudine Assani, acteur politique et facilitateur du Littoral. Il insiste sur une rupture avec les lancements jugés timides des précédentes campagnes. « Cette fois-ci, ça a commencé avec force et détermination », a-t-il ajouté, évoquant une mobilisation continue depuis le début de l’après-midi et un déroulement « dans la paix, dans la discipline et dans la concorde ».

Une convergence nationale orchestrée en plusieurs circuits

Au-delà du circuit 1, l’opération repose sur une architecture coordonnée. Depuis Porto-Novo, le circuit 2 a pris départ devant l’Assemblée nationale dès 15 heures, avec un relais à la mairie de Sèmè-Kpodji avant de rejoindre Cotonou. Sur place, les responsables ont affiché leur volonté de s’inscrire dans une dynamique nationale.

« Nous avons lancé la campagne aujourd’hui en synergie. Il fallait montrer que quelque chose démarre », a expliqué Edmond Ayinde, facilitateur dans l’Ouémé. Après une réunion de cadrage en amont, les équipes locales ont choisi de converger vers Cotonou pour participer au rassemblement final, tout en annonçant une intensification des actions de proximité dès le lendemain. « Le porte-à-porte et le B2B vont nous permettre de mobiliser le maximum d’électeurs », a-t-il précisé.

À l’ouest, le circuit 3, parti d’Ahozon, a suivi la route des pêches avec un point de regroupement à Godomey, avant de rallier la même destination finale. Dans le centre du pays, les circuits 4 et 5, respectivement à Bohicon et Abomey, ont privilégié des meetings à la Place Goho, avec un dispositif mêlant zémidjans et taxis pour assurer la participation.

Du nord au sud : une stratégie d’occupation du terrain

Dans le septentrion, la caravane a également pris une dimension opérationnelle. À Parakou, le circuit 6 s’est déployé à partir de l’hôtel Kobourou City pour un tour complet de la ville, avec une arrivée à la Place Tabera. Là encore, la démarche combine visibilité et sensibilisation.

« Nous irons quartier par quartier, pour sensibiliser les populations à sortir voter massivement », a indiqué Abdoulaye Takpa, représentant des jeunes. Il a évoqué un engagement de terrain inscrit dans la durée, avec pour ambition d’atteindre des niveaux de participation élevé : « 95% », Lança-t-il sereinement. Plus au sud-ouest, à Lokossa, le circuit 7 a relié la Fondation Nestor Wadagni à la Maison du peuple, tandis que le circuit 8, à Djougou, s’est déployé entre le TP de Taïfa et la Place de l’indépendance. Partout, la même logique prévaut, associer mobilité, proximité et démonstration de présence.

Au total, cette première journée de campagne s’est inscrite dans une stratégie clairement assumée, combiner occupation physique du territoire et mise en scène d’une adhésion populaire. À Cotonou, point de jonction des principales caravanes, le dispositif s’est achevé dans une ambiance festive, prolongeant l’élan de la journée. Reste désormais à transformer cette démonstration initiale en dynamique durable sur l’ensemble du territoire, alors que la campagne entre dans sa phase active.

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