Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a reçu, jeudi 26 mars à Pyongyang, le président biélorusse Alexandre Loukachenko pour une visite officielle de deux jours. À l’issue de leurs entretiens, les deux chefs d’État ont signé un traité d’amitié et de coopération visant à renforcer les liens politiques, économiques et techniques entre leurs pays.
Un traité couvrant plusieurs domaines
Le texte signé prévoit une collaboration dans des secteurs variés, allant de l’agriculture à l’industrie, en passant par l’économie et la technologie. Selon les déclarations officielles, les deux gouvernements s’engageraient également à développer des échanges commerciaux et des projets communs, tout en explorant des partenariats dans le domaine énergétique. Le président biélorusse a qualifié le traité de « fondamental », soulignant l’importance stratégique de ce rapprochement pour Minsk et Pyongyang, tous deux soumis à des sanctions internationales.
Cette coopération pourrait inclure le transfert de technologies et d’expertise technique, notamment dans le secteur industriel et militaire, et la mise en place de mécanismes pour faciliter les investissements et le commerce bilatéral. Les deux pays ont également évoqué la possibilité de formations et d’échanges de spécialistes dans des domaines stratégiques.
Dans la continuité des alliances récentes
Ce rapprochement s’inscrit dans la continuité de la stratégie nord-coréenne visant à élargir ses alliances. En 2024, la Russie avait déjà signé un traité de défense mutuelle avec la Corée du Nord, incluant notamment une assistance militaire immédiate en cas d’attaque contre l’un des deux pays. Depuis, Pyongyang a accru sa coopération militaire avec Moscou, et des troupes nord-coréennes seraient déployées aux côtés des forces russes en Ukraine. Avec la Biélorussie, la Corée du Nord semble chercher un partenaire à la fois stratégique et logistique. Minsk joue déjà un rôle clé pour la Russie dans le conflit ukrainien, et le rapprochement avec Pyongyang pourrait permettre aux deux régimes de contourner les sanctions occidentales et de sécuriser des échanges économiques et militaires.
Perspectives et enjeux
Si aucun calendrier précis n’a été rendu public pour la mise en œuvre de ce traité, il est attendu que les deux pays annoncent prochainement des initiatives concrètes dans le commerce et la coopération technique. Cette alliance pourrait avoir un impact sur l’équilibre géopolitique régional, renforçant les liens entre États sanctionnés et compliquant les efforts internationaux pour isoler leurs régimes. Pour la Corée du Nord, il s’agit d’une étape supplémentaire dans sa stratégie de diversification de partenaires internationaux, tandis que pour la Biélorussie, le traité représente un soutien politique et économique direct dans un contexte de tensions avec l’Occident.



