Dans les pas de Trump, l'Argentine claque la porte de l'OMS

L’Argentine a officiellement quitté l’Organisation mondiale de la santé ce 17 mars 2026. Le chef de la diplomatie Pablo Quirno a confirmé l’effectivité du retrait, un an jour pour jour après la transmission de la notification formelle au Secrétaire général des Nations Unies, dépositaire de la Constitution de l’OMS.

La procédure suit le calendrier fixé par le droit international des traités : toute sortie de l’organisation nécessite un préavis d’un an. Buenos Aires avait engagé la démarche le 17 mars 2025, quelques semaines après l’annonce du président Javier Milei, qui justifiait la décision par des critiques ciblées contre la gestion de la pandémie de Covid-19 par l’organisation.

Milei dans la lignée de Trump

Le retrait argentin s’inscrit dans un mouvement amorcé par Washington. Donald Trump avait signé le décret de sortie des États-Unis dès son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, également fondé sur des griefs liés à la gestion du Covid-19 et à ce que son administration qualifiait d’ingérence dans les politiques sanitaires nationales. Le retrait américain est devenu effectif en début d’année 2026, quelques mois avant celui de Buenos Aires. L’Argentine devient ainsi le deuxième pays à quitter formellement l’OMS depuis la création de l’organisation en 1948.

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Une rupture assumée, des alternatives annoncées

Le ministre de la Santé Mario Lugones a justifié la décision en reprochant à l’OMS des orientations marquées par des biais idéologiques, jugées éloignées des données scientifiques. Il a précisé que le retrait n’aurait pas d’incidence sur le fonctionnement du système de santé national.

Pablo Quirno a indiqué que Buenos Aires entend désormais conduire sa coopération sanitaire internationale par le biais d’accords bilatéraux et de forums régionaux, afin, selon ses termes, de « préserver pleinement sa souveraineté et sa capacité à prendre des décisions concernant les politiques de santé ». L’Argentine conserve son adhésion à l’Organisation panaméricaine de la santé, structure régionale distincte de l’OMS qui regroupe les 35 États membres de l’OEA et dont le siège est à Washington.

« L’Argentine continuera de promouvoir la coopération internationale en matière de santé par le biais d’accords bilatéraux et de forums régionaux, tout en préservant pleinement sa souveraineté et sa capacité à prendre des décisions concernant les politiques de santé. », a affirmé Pablo Quirno.

Les deux retraits — américain et argentin — privent l’OMS de contributeurs au moment où l’organisation prépare la renégociation de son cadre de financement pour la période 2026-2027, un dossier dont les discussions entre États membres se poursuivent à Genève.

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