Le président américain Donald Trump a menacé dimanche de reporter sa visite d’État prévue à Pékin si la Chine ne s’implique pas dans la réouverture du détroit d’Ormuz, bloqué depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Ces déclarations ont été faites dans le cadre d’un entretien accordé au Financial Times.
Trump a conditionné la tenue du sommet à une prise de position chinoise explicite : « Je voudrais savoir si la Chine va aider à débloquer le détroit avant que la réunion ait lieu », a-t-il déclaré. La rencontre avec le président chinois Xi Jinping était planifiée du 31 mars au 2 avril à Pékin, à l’issue d’une trêve commerciale négociée en novembre 2025.
La dépendance énergétique de Pékin au cœur de l’argument américain
Pour justifier sa pression sur Pékin, Trump a avancé que la Chine tirerait 90 % de son approvisionnement pétrolier du détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique, large de 39 kilomètres en son point le plus étroit, assure en temps normal le transit d’environ un cinquième de l’offre pétrolière mondiale. Depuis la fermeture du détroit par les forces iraniennes, les prix du baril ont franchi le seuil des 100 dollars.
Les données disponibles nuancent toutefois l’argument présidentiel. Selon le Council on Foreign Relations, les importations pétrolières chinoises via Ormuz représentent moins de la moitié du total des approvisionnements maritimes du pays, et environ 6,6 % de sa consommation énergétique globale selon la banque Nomura. En janvier 2026, les réserves stratégiques chinoises s’établissaient à environ 1,2 milliard de barils, de quoi couvrir trois à quatre mois de demande nationale.
Un sommet préparé mais fragilisé
Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent et son homologue chinois He Lifeng se sont retrouvés à Paris ce week-end pour préparer le terrain diplomatique et commercial du sommet. Selon Al Jazeera, les négociateurs des deux pays jugent les perspectives d’avancées commerciales limitées, l’attention de Washington restant concentrée sur le conflit avec Téhéran.
Jusqu’ici, aucun pays cité par Trump — dont la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni — n’a publiquement confirmé l’envoi de navires de guerre dans le détroit. La tenue du sommet de Pékin, maintenue à ce stade, reste suspendue aux développements militaires et diplomatiques des prochains jours.

