F1 : Hamilton appelle l'Afrique à reprendre le continent aux anciennes puissances coloniales

Le pilote Lewis Hamilton a appelé jeudi les dirigeants africains à s’unir pour mettre fin à l’influence des anciennes puissances coloniales sur le continent, lors de la conférence de presse précédant le Grand Prix d’Australie à Melbourne, première manche de la saison 2026 de Formule 1. Le septuple champion du monde, qui court désormais sous les couleurs de Ferrari, a formulé cet appel en revendiquant ses propres racines africaines.

« J’espère vraiment que les personnes qui dirigent ces différents pays s’uniront et reprendront l’Afrique aux Français, aux Espagnols, aux Portugais et aux Britanniques », a déclaré le pilote britannique de 41 ans devant les journalistes réunis à Melbourne.

Des racines au Togo et au Bénin, des visites au Sénégal et au Nigeria

Avant de lancer cet appel, Hamilton a situé son engagement dans une histoire personnelle. « J’ai des racines familiales dans plusieurs endroits là-bas, comme le Togo et le Bénin. J’ai visité le Bénin l’année dernière, ainsi que le Sénégal et le Nigeria. C’est quelque chose dont je suis vraiment, vraiment fier », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par Motorsport.com.

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La visite au Bénin remonte à août 2024. Hamilton s’était rendu à Abomey, ancienne capitale du royaume de Dahomey, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, où il avait exploré les temples, les murs sculptés et les artefacts de l’héritage dahoméen, selon le site officiel de Bénin Tourisme. Au Sénégal, il avait visité l’île de Gorée, qu’il avait décrite comme « le plus grand site de traite négrière sur la côte africaine pendant des siècles », ajoutant que cette expérience avait été « très lourde » à vivre, selon des propos rapportés par Sportskeeda.

Ce positionnement rejoint un mouvement plus large de retour aux sources au sein de la diaspora noire et des Afrodescendants, notamment dans le monde du sport et de la culture. Depuis plusieurs années, des personnalités issues de cette diaspora choisissent de mettre en avant leurs héritages africains, qu’il s’agisse de racines généalogiques, d’investissements ou d’engagements publics sur le continent. Hamilton, premier et unique pilote noir de l’histoire de la Formule 1, y ajoute une dimension politique explicite, rare dans le milieu sportif.

Un Grand Prix en Afrique comme objectif de fin de carrière

Les déclarations du pilote de Ferrari interviennent dans un contexte sportif précis. Hamilton a réaffirmé à Melbourne qu’il refusait de quitter la compétition avant d’avoir disputé une course sur le sol africain. Il affirme militer en coulisses depuis six à sept ans auprès des instances dirigeantes du championnat pour faire aboutir ce projet, en rencontrant directement les parties prenantes.

La Fédération Internationale de l’Automobile a approuvé en juin 2025 les plans de modernisation du circuit de Kyalami, situé au nord de Johannesburg, en vue d’une remise à niveau au standard Grade 1, obligatoire pour accueillir un Grand Prix de Formule 1. Le gouvernement sud-africain a donné son accord pour un projet s’étalant sur trois ans à partir de 2027. Le Rwanda, candidat depuis fin 2024 avec un projet centré sur Kigali, a indiqué ne pas être en mesure d’accueillir la compétition avant 2029, notamment en raison des tensions militaires dans la région des Grands Lacs.

Le calendrier 2026 de la Formule 1 compte 24 courses et est déjà arrêté. Le départ du Grand Prix des Pays-Bas du calendrier après cette saison pourrait libérer une place dès 2027. La décision finale sur l’attribution d’un Grand Prix africain appartient à Liberty Media, propriétaire commercial du championnat, et à la FIA.

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