Fausses menaces iraniennes : Dakar et Téhéran démentent une fake news

Le 10 mars 2026, le ministère sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur (MIAAESE) et l’Ambassade de la République islamique d’Iran à Dakar ont pris la rare décision de publier un démenti conjoint. En cause : des propos menaçants attribués sur les réseaux sociaux au ministre iranien des Affaires étrangères, le Dr Abbas Araghchi, prétendant que l’Iran viserait des bases américaines situées sur le sol sénégalais. Une intox qui a circulé à grande vitesse sur les réseaux sociaux africains avant d’être formellement démentie par les deux gouvernements le jour même.

Des publications virales aux sources douteuses

Des pages avaient relayé une prétendue déclaration d’Araghchi visant directement le territoire sénégalais : « Qu’il sache que nous avons des missiles à portée des bases américaines au Sénégal et que nous n’hésiterons pas à les anéantir s’il rejoint vraiment le camp de l’agresseur. » Le MIAAESE a qualifié ces propos d’« infondés », précisant qu’ils ne reflètent « en rien la réalité », selon le communiqué officiel publié ce jour et cité par l’agence APANews.

Ces pages, actives sur les conflits sahéliens et africains, n’ont fourni aucune source primaire ni enregistrement audio pour étayer la citation. Leur audience combinée dépasse plusieurs centaines de milliers d’abonnés, ce qui explique la vitesse de propagation de cette information rapidement démentie.

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Un démenti qui s’appuie sur une relation diplomatique solide

La sortie conjointe de Dakar et Téhéran n’est pas anodine. Le 3 mars 2026, l’ambassadeur iranien Hassan Asgari avait publiquement déclaré, selon l’Agence de Presse Sénégalaise, que « le Sénégal peut jouer un rôle important en tant que médiateur » dans le conflit au Moyen-Orient. Une prise de position qui témoigne d’une relation diplomatique active entre les deux capitales, à rebours du scénario de confrontation propagé en ligne.

Dès le 28 février 2026, le gouvernement sénégalais avait exprimé sa « profonde préoccupation » face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, condamnant l’usage de la force et appelant au respect de l’intégrité territoriale des États — une posture de neutralité assumée, incompatible avec l’image d’un Sénégal « rejoignant le camp de l’agresseur ».

La désinformation géopolitique, nouveau terrain de manipulation en Afrique de l’Ouest

Ce type de fausse citation attribuée à un chef de diplomatie étrangère constitue un schéma documenté dans la région. Les conflits au Sahel et au Moyen-Orient alimentent une production de contenus manipulés ciblant les opinions publiques d’Afrique francophone. Aucune autorité sénégalaise ou iranienne n’a, à ce stade, annoncé de poursuites contre les pages incriminées.

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