La résidence de Mahmoud Ahmadinejad, ancien chef d’État iranien de 2005 à 2013, a été frappée samedi 28 février 2026 lors des bombardements américano-israéliens sur Téhéran. Selon le quotidien émirati The National, l’ex-président aurait survécu dans un premier temps à l’attaque, mais trois membres de son escorte ont été tués. Ce dimanche 1er mars, l’agence de presse iranienne ILNA a annoncé sa mort, une information qui n’avait pas encore reçu de confirmation officielle des autorités iraniennes au moment de la publication de cet article.
Le bâtiment touché se trouve au 72 de la place Narmak, dans le nord-est de la capitale iranienne. Une source citée par The National avait dans un premier temps précisé que le site frappé ne serait pas la résidence personnelle d’Ahmadinejad, mais un immeuble utilisé par son équipe de sécurité. Trois membres des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) rattachés à son dispositif de protection ont péri dans l’attaque, de même qu’au moins deux élèves d’une école voisine, le samedi étant un jour ouvré en Iran.
La mort d’Ahmadinejad annoncée par les médias iraniens, sans confirmation officielle
Des informations contradictoires ont circulé dans la journée du 28 février sur le sort de l’ancien président. Le site français Médiamass et le portail Pravda affirmaient samedi qu’Ahmadinejad, 69 ans, était sain et sauf, en s’appuyant toutefois sur des relais Telegram sans vérification indépendante possible. Ce dimanche, l’agence iranienne ILNA a rapporté qu’Ahmadinejad, membre du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur, aurait été tué avec plusieurs gardes du corps lors de la frappe sur sa résidence de Narmak. Ynet News et le portail Eastern Herald rapportent le même bilan, citant des médias iraniens selon lesquels il « a été tué avec ses gardes du corps dans une frappe de missiles du régime sioniste et des États-Unis ». Selon le média iranien Khabarfoori, les informations faisant état de sa mort ont commencé à être supprimées en ligne, sans qu’une explication officielle soit fournie. Dans un contexte de coupures internet signalées à Téhéran, la vérification indépendante des informations en provenance d’Iran reste difficile.
Trois soldats américains tués, une base française touchée à Abou Dhabi
Le commandement central américain (CENTCOM) a annoncé ce dimanche 1er mars que trois soldats américains avaient été tués et cinq autres grièvement blessés depuis le lancement de l’opération Epic Fury contre l’Iran. Plusieurs autres militaires ont subi des blessures mineures par éclats d’obus et des commotions cérébrales, le CENTCOM précisant que la situation reste « mouvante ». Les identités des soldats tués sont retenues jusqu’à vingt-quatre heures après la notification de leurs proches.
Dans la même journée, le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a confirmé que deux drones iraniens avaient frappé la base navale Al-Salam à Abou Dhabi, également connue sous le nom de Camp de la Paix, qui accueille des forces françaises. Inaugurée en 2009, cette base est la première installation militaire permanente française établie hors d’Afrique depuis cinquante ans, avec environ 250 militaires français stationnés sur place. L’attaque a provoqué un incendie dans un entrepôt sans faire de victime selon le ministère émirati, tandis que l’armée française s’est refusée à tout commentaire.
Des frappes massives sur l’ensemble du territoire iranien
L’attaque sur le quartier de Narmak fait partie d’une opération militaire conjointe lancée par les États-Unis et Israël dans la journée du 28 février, baptisée « Opération Roaring Lion » du côté israélien et « Epic Fury » du côté américain. Selon The National, au moins trente cibles ont été frappées à travers le pays, dont le ministère du Renseignement, le ministère de la Défense, le bureau du Guide suprême, l’Agence iranienne de l’énergie atomique et la base militaire de Parchin. Le président américain Donald Trump a déclaré vouloir « détruire complètement » l’industrie missile iranienne. Selon Yahoo Actualités, le Guide suprême Ali Khamenei a également été tué lors des premières frappes du samedi, et l’armée israélienne affirme avoir éliminé au total quarante hauts gradés et dignitaires iraniens.
En réponse, l’Iran a lancé des frappes de représailles contre des bases américaines dans le Golfe — au Bahreïn, au Qatar et aux Émirats arabes unis — et des missiles balistiques ont été tirés en direction d’Israël. Des journalistes de l’AFP ont entendu de nouvelles explosions à Dubaï, Doha, Riyad et Manama, ainsi qu’en Oman, pays médiateur dans les négociations reprises début février entre l’Iran et les États-Unis. Les autorités iraniennes ont ordonné la fermeture des écoles et universités, organisé des évacuations partielles et assuré la continuité des approvisionnements essentiels, tandis qu’un analyste politique basé à Téhéran, cité par The National, a résumé la position officielle du régime : « Téhéran ne permettra pas qu’une guerre se produise de telle sorte que l’existence de son système politique soit menacée. »
Le sort définitif d’Ahmadinejad ne pourra être établi avec certitude qu’à partir d’une déclaration officielle des autorités iraniennes ou d’une apparition publique de l’intéressé. Israël a annoncé une nouvelle vague de bombardements sur Téhéran, affirmant avoir établi sa supériorité aérienne sur l’ouest et le centre de l’Iran, tandis que le gouvernement iranien a décrété quarante jours de deuil national.
