Les membres de l’Islamic Movement of Nigeria (IMN), le mouvement chiite nigérian, ont organisé lundi des manifestations dans au moins huit États du pays pour dénoncer la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors de frappes conjointes américano-israéliennes sur l’Iran. Dans la foulée, Washington a émis une alerte de sécurité à destination de ses ressortissants présents au Nigeria.
À Lagos, des centaines de manifestants se sont rassemblés dans la matinée autour de l’axe Maryland, brandissant des drapeaux iraniens et des portraits de Khamenei, scandant des slogans contre les États-Unis et Israël. Des rassemblements identiques ont été signalés à Kano, Sokoto, Kaduna, Gombe, Bauchi, Niger et Yobe. Le coordinateur régional de l’IMN pour le Sud-Ouest, Muftau Zakariya, a déclaré à la presse que le mouvement entendait dénoncer «l’invasion soutenue de nations souveraines» par l’administration Trump.
Une mort qui mobilise la rue nigériane
Khamenei, à la tête de la République islamique depuis 1989 après la mort de l’ayatollah Rouhollah Khomeini, dirigeait l’Iran depuis près de quatre décennies. Il a été tué le 28 février 2026 lors de frappes coordonnées menées par les forces américaines et israéliennes sur plusieurs villes iraniennes. Selon des médias iraniens, son épouse Mansoureh Khojasteh Bagherzadeh est décédée le 2 mars des suites de ses blessures. Téhéran a décrété quarante jours de deuil national.
L’Iran a riposté en lançant des missiles contre des bases américaines dans les pays du Golfe. Le président Donald Trump, dans une allocution diffusée en direct au moment des frappes, a indiqué vouloir neutraliser les membres du régime iranien et appelé les citoyens iraniens à reprendre le contrôle de leur gouvernement. Des négociations auraient depuis été engagées, Téhéran ayant, selon Trump, contacté Washington pour reprendre les discussions.
L’IMN, fondé dans les années 1970 par le cheikh Ibrahim El-Zakzaky, entretient des liens historiques étroits avec la République islamique d’Iran, dont il se réclame idéologiquement. La mort de Khamenei a ainsi déclenché une mobilisation immédiate au sein du mouvement, présent dans plusieurs États du nord et du sud-ouest du Nigeria.
Washington en alerte, Abuja appelle au calme
Le département d’État américain a publié dimanche une alerte globale à l’attention de ses ressortissants, les invitant à «faire preuve d’une vigilance accrue» et à se tenir informés via les ambassades et consulats américains les plus proches. L’alerte signale également des risques de perturbations du trafic aérien en raison de fermetures ponctuelles d’espaces aériens. Les Américains présents à l’étranger sont invités à s’inscrire au programme STEP du département d’État pour recevoir des mises à jour sécuritaires en temps réel.
En réponse aux manifestations, l’inspecteur général de la police nigériane par intérim, Olatunji Disu, a ordonné à l’ensemble des commissaires des 36 États de renforcer leur dispositif de surveillance, avec une vigilance particulière dans les zones Nord-Centre, Nord-Est et Nord-Ouest. Dans un communiqué, la police fédérale a averti que «toute tentative d’importer des tensions idéologiques ou religieuses extérieures» serait traitée conformément à la loi.
Le gouvernement nigérian a appelé à la retenue et au dialogue, demandant à toutes les parties de s’abstenir de recourir à la force et réaffirmant son attachement au droit international. Abuja a par ailleurs conseillé à ses ressortissants présents en Iran et dans les pays du Golfe d’éviter les zones à risque.
L’IMN a annoncé que les manifestations se poursuivront dans les prochains jours à travers la zone Sud-Ouest du pays.

