Frégate IRIS Dena coulée : un ayatollah appelle à tuer Trump

La mort de 87 marins iraniens et la disparition de près de 45 autres après le coulage de la frégate IRIS Dena par un sous-marin américain le 4 mars dans l’océan Indien ont provoqué une escalade verbale inédite à Téhéran. L’ayatollah Abdollah Javadi Amoli, l’un des plus hauts dignitaires du clergé chiite iranien, a appelé jeudi sur la télévision d’État à la mort du président américain Donald Trump et des dirigeants israéliens, une déclaration rarissime à ce rang de la hiérarchie religieuse.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a qualifié le torpillage d’« atrocité en mer » et prévenu que Washington « regretterait amèrement » cette action. Il a exclu tout cessez-le-feu ou négociation avec les États-Unis, affirmant sur NBC News que l’Iran avait déjà tenté deux fois la voie diplomatique avant d’être attaqué en plein pourparlers, en référence au précédent conflit de juin 2025.

La frégate coulée revenait d’un exercice commun avec Washington

L‘IRIS Dena, frégate mise en service en 2021 et considérée comme l’un des navires les plus modernes de la marine iranienne, rentrait de l’exercice naval international MILAN 26, organisé par l’Inde à Visakhapatnam fin février. La marine américaine y avait elle-même participé avec un aéronef de patrouille maritime P-8A Poseidon. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a confirmé mercredi que c’est un sous-marin américain qui a coulé le bâtiment par torpille — premier acte de ce type depuis la Seconde Guerre mondiale. Les autorités sri-lankaises ont secouru 32 membres d’équipage ; la marine de Colombo a récupéré 87 corps. Araghchi a indiqué que le navire transportait « près de 130 » hommes. Un second navire iranien s’est présenté dans les eaux sri-lankaises jeudi ; le président Anura Kumara Dissanayake a annoncé son acheminement vers un port de la région est de l’île.

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Trump s’immisce dans la succession de Khamenei

Alors que Téhéran multiplie ses frappes contre Israël, des bases américaines et plusieurs pays de la région, Trump a franchi un nouveau seuil en s’exprimant sur la succession du guide suprême Ali Khamenei, tué lors des premières frappes américano-israéliennes le 28 février. Dans un entretien accordé jeudi au site Axios, le président américain a déclaré vouloir participer au choix du futur dirigeant iranien et a explicitement écarté Mojtaba Khamenei, fils du guide défunt et figure avancée pour lui succéder, le qualifiant de candidat « inacceptable ». Ces déclarations relancent les interrogations sur les véritables objectifs de Washington dans ce conflit : un simple changement de politique iranienne ou le renversement de la République islamique.

Le conflit, entré dans son sixième jour, a fait au moins 1 230 morts en Iran, une centaine au Liban et une douzaine en Israël selon les bilans officiels de ces pays. Six soldats américains ont été tués. L’Azerbaïdjan a accusé jeudi l’Iran d’avoir envoyé des drones sur son territoire, ce que Téhéran a démenti. L’Assemblée des experts, l’organe constitutionnel chargé de désigner le nouveau guide suprême, a été frappée lors des frappes sur Qom ; son calendrier de réunion reste inconnu à ce stade.

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