Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rejeté jeudi 19 mars 2026 les appels du président français Emmanuel Macron à un cessez-le-feu des bombardements, l’accusant d’ignorer les frappes initiales contre les infrastructures du pays. La réaction intervient quelques heures après que Macron a plaidé publiquement pour une suspension immédiate des attaques visant les installations civiles.
Un appel conditionné par l’intérêt économique
Macron a publié son message sur le réseau social X après avoir échangé avec l’émir du Qatar et le président Donald Trump, suite à des bombardements ayant touché des installations gazières en Iran et au Qatar le même jour. Le dirigeant français y propose « sans délai un moratoire sur les frappes visant les infrastructures civiles, notamment les installations énergétiques et d’approvisionnement en eau ». Il invoque la protection des populations civiles et la sécurité de l’approvisionnement énergétique mondial comme justification.
Depuis le début du conflit le 28 février, les États-Unis et Israël ont progressivement intensifié leurs bombardements contre les installations énergétiques iraniennes. Le 8 mars, des frappes massives sur des réservoirs de carburant à Téhéran avaient plongé la capitale dans l’obscurité. Plus récemment, une usine iranienne de désalinisation sur l’île de Qeshm a été endommagée, compromettant l’approvisionnement en eau de trente villages.
Téhéran dénonce une posture sélective
Araghchi repousse fermement la proposition française. Sur le même réseau social, le ministre critique Macron pour n’avoir « pas prononcé un seul mot pour condamner la guerre israélo-américaine contre l’Iran » ni les destructions d’installations civiles ayant « exposé des millions de personnes à des substances toxiques ». Il pointe une contradiction majeure : Macron s’alarme de la riposte iranienne, non des bombardements qui l’ont provoquée.
Cette réplique reflète la position iranienne selon laquelle les frappes occidentales contre ses infrastructures constituent une escalade illégitime, tandis que sa propre réaction demeure justifiée. Les Gardiens de la Révolution ont d’ailleurs menacé jeudi d’intensifier les attaques contre les infrastructures énergétiques de ses adversaires si les bombardements contre le pays se poursuivaient.
Les enjeux énergétiques mondiaux en arrière-plan
L’échange souligne les contradictions des puissances occidentales face au conflit. Bien que les États-Unis invoquent la protection des civils, leurs objectifs militaires incluent explicitement les capacités énergétiques de l’Iran — un objectif stratégique visant à affaiblir l’économie du pays. La proposition française de moratoire suggère néanmoins une inquiétude quant aux répercussions sur les prix du pétrole et du gaz naturel, perturbation que les bombardements ont déjà amorcée.
La question demeure ouverte quant à la suite des opérations militaires et à la capacité de Macron ou d’autres médiateurs à infléchir une dynamique d’escalade qui s’est accélérée en mars 2026.

