Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a condamné dimanche, les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, les qualifiant d’« agression impérialiste » et d’opération contraire au droit international. Il est le premier chef d’État africain à s’opposer publiquement à cette intervention militaire.
S’exprimant lors de la 11e conférence provinciale du Congrès national africain (ANC) à Limpopo le 29 mars 2026, Ramaphosa a dénoncé « la guerre illégale menée par les États-Unis et Israël » qui « met l’économie mondiale et la sécurité internationale en grand risque ». L’Afrique du Sud, a-t-il affirmé, maintient une position de principe en soutenant « les nations qui luttent pour l’autodétermination ».
Le conflit militaire et ses origines
Fin février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé conjointement des opérations aériennes contre l’Iran. Ces frappes ont visé, selon les autorités responsables, les capacités militaires et balistiques du pays. L’opération a eu des conséquences majeures : plusieurs responsables militaires iraniens de haut rang auraient péri dans les attaques.
En réaction, l’Iran a conduit une série de représailles qu’il a qualifiées d’« Opération Promesse Honnête 4 ». Cette escalade a créé une tension régionale majeure affectant directement les marchés mondiaux et les approvisionnements énergétiques.
Les divergences dans les réactions internationales
La Russie et la Turquie ont rejoint les critiques, avec le président russe Vladimir Poutine qualifiant les événements d’« assassinat en violation du droit international », tandis que le gouvernement turc y a vu une violation flagrante de la souveraineté. Les trois puissances européennes — France, Allemagne et Royaume-Uni — n’ont pas soutenu les opérations, mais se sont retenues de les condamner formellement, appelant plutôt au retour à la négociation.
La position de Ramaphosa contraste avec cette ambiguïté. Elle reflète l’alignement historique de l’Afrique du Sud, membre de la Cour pénale internationale, avec les nations contestant les interventions militaires unilatérales. Le gouvernement sud-africain a systématiquement soutenu la Palestine, Cuba et le Sahara occidental face aux menaces qu’il considère comme des tentatives de saper leur statut politique.
Pretoria maintient que son opposition aux frappes est la continuité de sa politique étrangère autonome, refusant d’adhérer aux positions des grandes puissances sur les questions régionales et privilégiant le soutien aux mouvements d’autodétermination des peuples.



