Guerre Iran-USA : Téhéran choisit son interlocuteur et c'est le vice-président Vance

L’Iran a fait savoir à l’administration Trump, via des canaux diplomatiques informels, qu’il refusait de reprendre les négociations avec l’envoyé spécial Steve Witkoff et le conseiller Jared Kushner. Téhéran conditionne désormais toute reprise des pourparlers à l’entrée en scène du vice-président JD Vance, selon des sources régionales citées par CNN et The Guardian le 24 mars 2026.

Witkoff et Kushner accusés de duplicité

Le rejet des deux émissaires tient à leur rôle dans les négociations nucléaires qui précédèrent les frappes conjointes américano-israéliennes du 28 février 2026. Des responsables iraniens estiment que les discussions menées à Muscatdébut février, auxquelles participaient Witkoff, Kushner et l’amiral Brad Cooper, servaient de couverture diplomatique pendant que Washington planifiait déjà l’opération militaire. « Avec l’équipe de négociation précédente, il n’y a aucune chance », a déclaré une source diplomatique au Guardian, ajoutant que Téhéran considère toute nouvelle approche impliquant ces deux hommes comme une nouvelle tentative de tromperie.

Vance perçu comme un interlocuteur moins va-t-en-guerre

Le vice-président cumule deux atouts aux yeux de Téhéran : il était absent des négociations pré-guerre et son parcours politique le place en retrait des options militaires. Ancien marine déployé en Irak en tant qu’agent des affaires publiques, Vance a constamment affiché une méfiance à l’égard des interventions américaines à l’étranger. Des sources régionales citées par CNN indiquent qu’il est perçu comme le membre de l’administration le plus enclin à vouloir mettre fin au conflit.

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La demande iranienne se greffe sur un effort de médiation piloté par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, qui a proposé Islamabad comme lieu de négociation et s’est entretenu avec le président iranien Masoud Pezeshkian. Les deux dirigeants ont acté « l’urgence d’une désescalade », selon le compte rendu officiel de cet appel.

Washington maintient sa ligne

La Maison Blanche a répondu sans ambiguïté. La porte-parole Karoline Leavitt a indiqué que c’est Trump seul qui détermine la composition de l’équipe américaine, précisant que Vance, Rubio, Witkoff et Kushner sont tous impliqués. Trump lui-même a affirmé lundi que des « points majeurs d’accord » avaient été atteints — une déclaration aussitôt démentie par le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, qui a nié tout contact avec Washington ce jour-là.

Des négociations à Islamabad pourraient avoir lieu dans les prochains jours, mais des sources proches du dossier citées par CNN les jugent incertaines, notamment en raison de ce désaccord persistant sur la composition de la délégation américaine.

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