Le média économique Visual Capitalist, à partir des données du professeur Aswath Damodaran de l’Université de New York (NYU Stern), a publié un classement des marchés africains considérés comme les plus risqués pour les investisseurs en 2026. En tête figure le Soudan, loin devant le Malawi, le Mozambique, le Niger et la Somalie, sur la base de la prime de risque sur actions (Equity Risk Premium), un indicateur utilisé pour mesurer le niveau de prudence exigé par les marchés avant d’investir dans un pays.
L’étude montre que la perception du risque varie fortement d’un État à l’autre sur le continent. Pour les investisseurs, il ne s’agit plus seulement d’évaluer un potentiel de croissance, mais aussi la capacité d’un pays à offrir un cadre politique, sécuritaire et économique suffisamment prévisible.
Une mesure construite à partir du risque souverain et de la volatilité des marchés
Le classement repose sur une méthode développée par Aswath Damodaran, professeur de finance à la Stern School of Business. D’après les explications publiées sur son site académique, l’évaluation part d’abord de la notation souveraine attribuée à chaque pays, c’est-à-dire de sa capacité perçue à honorer ses engagements financiers. À cela s’ajoute un ajustement lié à la volatilité des marchés actions, généralement plus élevée que celle des obligations d’État.
Cette combinaison permet d’obtenir une estimation plus concrète du risque pris par un investisseur sur un marché national. Plus le chiffre est élevé, plus le pays est jugé incertain. Les économies considérées comme stables tournent généralement autour de 4 à 5 %, tandis que les États fragilisés par des crises majeures affichent des niveaux nettement supérieurs.
Conflits, transitions politiques et vulnérabilités économiques
Le Soudan domine largement ce classement africain avec une prime de risque de 30,9, un niveau qui le place parmi les marchés les plus exposés au monde. La guerre en cours, l’effondrement des structures institutionnelles et l’absence de visibilité à court terme continuent de peser sur toute perspective d’investissement.
Derrière lui, le Malawi, le Mozambique, le Niger et la Somalie affichent chacun un niveau de 17,2. Si ces pays partagent le même score, les fragilités relevées ne sont pas nécessairement identiques. Pour certains, la pression vient d’un climat sécuritaire dégradé ou d’une instabilité politique persistante. Pour d’autres, ce sont les tensions sur la dette, la monnaie ou la gouvernance qui nourrissent la prudence des marchés.
Ce type de classement n’a rien d’anecdotique. Une prime de risque élevée peut renchérir le coût du financement, réduire l’intérêt des capitaux privés et compliquer l’exécution de projets structurants. À l’inverse, une amélioration de la sécurité, de la stabilité institutionnelle ou de la discipline budgétaire peut progressivement modifier la perception d’un marché.
Classement des 5 pays africains les plus risqués en 2026
Selon Visual Capitalist, à partir des données de Damodaran Online, les cinq marchés africains présentant la prime de risque la plus élevée en 2026 sont :
1. Soudan — 30,9
2. Malawi — 17,2
3. Mozambique — 17,2
4. Niger — 17,2
5. Somalie — 17,2



