Iran et Israël défient Trump : la "trêve de cinq jours" tourne au vide

Pendant que Trump parlait de paix, les missiles continuaient de tomber. Ni Téhéran ni Tel-Aviv n’ont daigné répondre à l’initiative du président américain — si ce n’est par de nouvelles frappes. Le président américain Donald Trump avait annoncé lundi 23 mars 2026 la suspension de frappes envisagées sur les infrastructures critiques iraniennes et évoqué de « très bonnes discussions » pour une cessation totale des hostilités. Moins de vingt-quatre heures plus tard, les deux belligérants continuaient de s’affronter comme si aucune déclaration n’avait eu lieu.

Le ministère des Affaires étrangères iranien a démenti tout contact avec Washington. Selon l’agence de presse d’État Mehr, Téhéran a affirmé qu’« il n’existe aucun dialogue entre l’Iran et les États-Unis », accusant Trump d’avoir fabriqué ces négociations pour faire baisser les prix de l’énergie — une lecture que les marchés ont prise au sérieux : les Bourses européennes, qui avaient rebondi sur les déclarations de Trump, ont immédiatement reflué à la publication du démenti iranien.

Les missiles iraniens continuent de tomber sur Israël

Dans la nuit du 23 au 24 mars, l’Iran a lancé une nouvelle vague de missiles sur le territoire israélien. Plusieurs projectiles ont franchi le système de défense antimissile Dôme de fer, selon des sources militaires israéliennes. L’amiral Brad Cooper, chef du Commandement central américain (Centcom), a accusé Téhéran de cibler délibérément des populations civiles, estimant que les forces iraniennes avaient visé des cibles civiles plus de 300 fois au cours des deux dernières semaines.

Publicité

Ce regain d’intensité fait suite aux frappes du 21 mars, au cours desquelles un missile d’une demi-tonne avait frappé la ville d’Arad, blessant une soixantaine de personnes, pendant qu’un autre tir visait Dimona, site d’une installation de recherche nucléaire israélienne. Téhéran avait alors présenté ces frappes comme une riposte directe aux attaques israélo-américaines sur le site nucléaire de Natanz.

Netanyahou maintient le cap militaire

Du côté israélien, le premier ministre Benyamin Netanyahou n’a pas répondu publiquement à la proposition de trêve de Trump. L’armée israélienne a annoncé de nouvelles frappes contre des positions du Hezbollah à Beyrouth dans la soirée du 23 mars, ainsi qu’une frappe contre un site des Gardiens de la Révolution à Téhéran. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a par ailleurs exclu toute négociation directe avec le Liban : interrogé sur ce point, il a répondu sans détour — « La réponse est non. »

Le gouvernement israélien a simultanément approuvé une enveloppe de 827 millions de dollars pour des achats militaires d’urgence. Le bilan humain du conflit dépasse désormais 1 500 morts en Iran, plus de 1 000 au Liban et une quinzaine en Israël. Le baril de Brent, qui avait brièvement franchi les 119 dollars depuis le début du conflit — soit une hausse de plus de 60 % —, est retombé sous les 100 dollars dans le sillage des annonces de Trump, avant de repartir à la hausse après le démenti iranien.

La « trêve de cinq jours » court officiellement jusqu’au 28 mars. Ni Téhéran ni Tel-Aviv n’ont indiqué avoir l’intention de la respecter.

2 réflexions au sujet de “Iran et Israël défient Trump : la "trêve de cinq jours" tourne au vide”

  1. « la trêve de cinq jours », c’est un « Chicken out » de plus !
    Comme toujours Trump s’est dégonflé. Il invente de « bonnes négos » pour reculer sur son ultimatum. Du Trump pur jus

    En plus, avec ses déclarations, Trump manipule les cours de la bourse. Et il en fait profiter les copains. Le Financial Time et Bloomberg ont constaté que 15 minutes avant que Trump ne publie un message sur les réseaux sociaux au sujet de « négociations productives » avec l’Iran, des accords d’une valeur d’environ 580 millions de dollars ont été conclus sur le marché pétrolier.
    Etonnant, non ?

    Répondre

Laisser un commentaire