Iran : Lavrov contredit Trump et affiche son soutien au droit international

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a réaffirmé jeudi 26 mars 2026, dans une interview diffusée sur France 2, que Moscou ne soutient pas tant l’Iran que les principes du droit international, que les frappes américano-israéliennes contre la République islamique ont, selon lui, ouvertement bafoués.

Lavrov répondait aux questions de la chaîne française sur le positionnement russe depuis les opérations militaires conjointes menées par les États-Unis et Israël fin février contre l’Iran, au cours desquelles le guide suprême Ali Khamenei et plusieurs hauts responsables ont été tués. Moscou, a-t-il précisé, ne défend pas un allié mais un partenaire stratégique lié par un traité interétatique — une distinction qu’il a tenu à formuler explicitement.

« Notre priorité était de faire respecter le droit international, et non de défendre l’Iran, qui est plus qu’un allié, c’est un partenaire stratégique. Je ne crois pas que les Français, qui ont toujours affirmé leur attachement au droit international, ignorent ce qui se passe », a martelé l’officiel russe.

Des frappes lancées au lendemain d’une percée diplomatique

Lavrov a insisté sur les circonstances dans lesquelles les opérations militaires ont débuté. Selon le ministre russe, les États-Unis ont engagé leur offensive « au plus fort des négociations » avec Téhéran, ce qu’il qualifie de manque de sincérité diplomatique — et non pour la première fois, a-t-il précisé. Des pourparlers étaient effectivement en cours fin février, avec une médiation omanaise, et auraient selon plusieurs sources atteint un stade avancé la veille des frappes. Les détails précis des concessions iraniennes alors sur la table n’ont pas été confirmés par une source officielle identifiable.

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La doctrine Trump en ligne de mire

Le ministre russe a directement mis en cause la posture affichée par Donald Trump, qui aurait déclaré ne pas avoir besoin du droit international et se fier à sa propre appréciation morale. Lavrov a rappelé les précédentes interventions militaires américaines — en Irak, en Syrie et en Libye — pour illustrer ce qu’il présente comme un schéma récurrent de déstabilisation. « On ne peut guère y voir autre chose qu’un comportement cynique », a-t-il déclaré, en référence aux déclarations de responsables américains se félicitant publiquement de la mort de Khamenei.

L’Iran a rejeté mercredi 26 mars un plan de paix américain en quinze points, selon la Maison-Blanche, qui a averti que Teheran s’exposerait à des frappes d’une intensité inédite en cas de refus persistant. Aucune reprise de pourparlers n’est annoncée à ce stade.

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