La police israélienne a empêché dimanche 29 mars le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, d’accéder à l’église du Saint-Sépulcre pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux. Le président français Emmanuel Macron et la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni ont condamné la décision, rejoints par le pape Léon XIV.
Un blocage en chemin vers le Saint-Sépulcre
Le cardinal Pizzaballa et le custode Francesco Ielpo, gardien franciscain du Saint-Sépulcre, ont été interceptés par des agents de la police israélienne alors qu’ils se rendaient au lieu saint à titre privé, et contraints de rebrousser chemin.
Dans un communiqué conjoint, le Patriarcat latin de Jérusalem et la Custodie de Terre Sainte ont qualifié l’incident de « précédent grave », affirmant que c’est « pour la première fois depuis des siècles » que les chefs de l’Église se sont vu interdire la célébration de la messe des Rameaux au Saint-Sépulcre. Cette formulation reste une affirmation des autorités ecclésiales et n’a pas été vérifiée de manière indépendante.
Depuis le 28 février, plusieurs sites majeurs de la Vieille Ville sont fermés, dont le Saint-Sépulcre, l’esplanade des mosquées et le Mur des Lamentations, en raison du conflit en cours. Le Patriarcat avait lui-même annulé dès le 23 mars la procession traditionnelle du mont des Oliviers pour les mêmes raisons. Les deux dignitaires tentaient d’assurer a minima une célébration privée — démarche également bloquée.
Macron, Meloni, le pape : les réactions internationales
Sur le réseau social X, Emmanuel Macron a apporté son « plein soutien au patriarche latin de Jérusalem et aux chrétiens de Terre Sainte », condamnant la décision de la police israélienne. Il a dénoncé « la multiplication préoccupante des violations du statut des Lieux Saints de Jérusalem » et rappelé que « le libre exercice du culte à Jérusalem doit être garanti pour toutes les religions ».
Giorgia Meloni a pour sa part dénoncé « une offense non seulement pour les croyants, mais pour toute communauté qui reconnaît la liberté religieuse ». Son ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a annoncé la convocation dès lundi de l’ambassadeur d’Israël en Italie.
Depuis Rome, le pape Léon XIV a rendu hommage, après la prière de l’Angélus, aux « chrétiens du Moyen-Orient, qui souffrent des conséquences d’un conflit atroce et qui, dans de nombreux cas, ne peuvent vivre pleinement les rites de ces jours saints ».
Une Semaine sainte sous les contraintes de la guerre
Le Patriarcat et la Custodie ont rappelé que depuis le début de la guerre, les Églises avaient accepté les restrictions imposées par les autorités — annulation des rassemblements publics, limitation de la présence des fidèles, retransmissions à distance. Ils ont estimé que l’interdiction faite au patriarche et au custode d’entrer dans la basilique allait au-delà de ces cadres convenus, qualifiant la décision de « manifestement déraisonnable et grossièrement disproportionnée ».
La police israélienne n’avait pas répondu dans l’immédiat aux demandes de commentaire sur les circonstances précises de la décision.



