Lancement spatial souverain : le Canada sort enfin de l'orbite américaine

Le ministre canadien de la Défense nationale, David McGuinty, a annoncé lundi un investissement de 200 millions de dollars sur dix ans pour louer une rampe de lancement spatial dédiée près de Canso, en Nouvelle-Écosse. L’objectif affiché : doter le Canada d’une capacité de mise en orbite autonome, sans dépendre des infrastructures américaines.

Depuis des décennies, Ottawa remet à Washington le soin de lancer ses satellites militaires et civils. Cette dépendance, longtemps acceptée par défaut, est devenue une vulnérabilité stratégique à mesure que l’espace s’impose comme un domaine opérationnel à part entière au sein de l’OTAN. Le contrat stipule qu’une large part des versements annuels, fixés à 20 millions de dollars, sera dirigée vers des fournisseurs et sous-traitants établis au Canada, à hauteur de 18 millions de dollars par année.

Trois entreprises financées pour développer des lanceurs nationaux

Le programme « Lancer le Nord », doté de 105 millions de dollars sur trois ans, accompagne cette infrastructure en finançant le développement de véhicules de lancement. Trois entreprises canadiennes — Canada Rocket Co., Reaction Dynamics et NordSpace — reçoivent chacune une subvention non remboursable de 8,3 millions de dollars pour concevoir des technologies adaptées aux besoins de défense nationale.

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Cette initiative prolonge les engagements du budget fédéral 2025, qui avait alloué 183 millions de dollars sur trois ans à la mise en place d’une capacité de lancement souveraine. La Nouvelle-Écosse, positionnée en bordure de l’Atlantique Nord, offre des trajectoires orbitales favorables aux missions de surveillance maritime et de renseignement — des missions prioritaires pour les alliés de l’OTAN dans la région.

Une adhésion à STARLIFT pour ancrer le Canada dans la défense spatiale alliée

Ottawa prévoit également de rejoindre STARLIFT, une initiative de l’OTAN visant à constituer un réseau interallié de lancement rapide. Ce dispositif permettrait aux membres de l’Alliance de placer des charges utiles en orbite dans des délais très courts, y compris en situation de crise. Le Canada y contribuerait via ses nouvelles infrastructures en Nouvelle-Écosse.

Les trois entreprises sélectionnées dans le cadre du programme « Lancer le Nord » devront présenter des prototypes opérationnels dans les délais fixés par le contrat. La rampe de lancement de Canso est quant à elle appelée à devenir, à terme, un port spatial à vocation multilatérale, accessible aux alliés du Canada.

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