Le Commandement Sud de l’armée américaine (SOUTHCOM) a annoncé, le 3 mars 2026, le lancement d’opérations militaires conjointes avec les forces armées équatoriennes contre des organisations qualifiées de « terroristes désignées » dans le pays. Il s’agit de la première fois que Washington engage des troupes au sol en Amérique du Sud dans le cadre de sa lutte contre les cartels de la drogue.
Jusqu’ici, les interventions militaires américaines dans la région se limitaient à des frappes aériennes et maritimes ciblant des embarcations de trafiquants dans le Pacifique Est et les Caraïbes. Cette opération terrestre marque un changement de posture opérationnelle significatif.
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Selon une source proche de l’opération citée par ABC News, les militaires américains déployés en Équateur n’ont pas participé directement aux actions au sol. Leur mission s’est limitée à fournir aux forces équatoriennes du renseignement, un appui à la planification et un soutien logistique. Les opérations terrestres et aériennes ont été conduites exclusivement par l’armée équatorienne.
Le général Francis L. Donovan, chef du SOUTHCOM, a salué «l’engagement indéfectible des forces armées équatoriennes et leur courage démontré par leurs actions continues contre les narcoterroristes».
Le cadre légal de cette opération repose sur des désignations officielles adoptées tout au long de 2025. En septembre de cette année, Washington a mis les gangs équatoriens Los Choneros et Los Lobos sur la liste des organisations terroristes étrangères — rejoignant des désignations antérieures visant le cartel mexicain Sinaloa, le CJNG et le Tren de Aragua vénézuélien.
La mort d’El Mencho rebat les cartes régionales
Cette opération intervient une semaine après la mort d’El Mencho, chef du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), tué par l’armée mexicaine. Le CJNG constituait le principal partenaire des réseaux criminels équatoriens dans la région. Sa disparition ouvre une période d’incertitude entre groupes rivaux cherchant à prendre le contrôle de ses réseaux de distribution.
L’Équateur occupe une position stratégique dans le trafic international de cocaïne : environ 70 % de la drogue qui y transite provient de Colombie et du Pérou, les deux plus grands producteurs mondiaux. Les ports sur le Pacifique — notamment Guayaquil et Manta — constituent des points de sortie majeurs vers les marchés américain et européen.
Un couvre-feu instauré dans quatre provinces
En parallèle de l’opération militaire, le gouvernement du président Daniel Noboa a annoncé un couvre-feu du 15 au 30 mars dans quatre provinces particulièrement touchées par la violence : Guayas, Los Ríos, Santo Domingo de los Tsáchilas et El Oro. Le ministre de l’Intérieur, John Reimberg, a déclaré que le pays «est en guerre».
La coopération sécuritaire entre Quito et Washington s’est intensifiée depuis l’arrivée au pouvoir de Noboa en 2023. En décembre 2025, des militaires américains avaient déjà été déployés dans le port de Manta — ni leur nombre ni la durée de leur présence n’avaient été précisés par les deux gouvernements.
Le SOUTHCOM n’a communiqué aucun détail sur les cibles visées, le bilan de l’opération du 3 mars ni sur d’éventuelles opérations à venir.
