Maduro, Khamenei : pour l'Ukraine, Poutine n'est pas un allié fiable

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sibiga, a affirmé le 1er mars 2026 sur le réseau social X que la Russie est un allié peu fiable dont l’influence internationale recule, au lendemain de la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei tué dans des frappes conjointes américano-israéliennes sur Téhéran.

Le 28 février 2026, des frappes coordonnées entre les États-Unis et Israël ont décapité le commandement iranien en une seule opération : outre le guide suprême Ali Khamenei, mort à 86 ans dans la destruction de son complexe résidentiel au cœur de Téhéran, le chef d’état-major des armées Abdolrahim Moussavi, le ministre de la Défense Aziz Nasirzadeh, le commandant des Gardiens de la Révolution Mohammad Pakpour et le conseiller sécuritaire Ali Shamkhani ont également perdu la vie lors d’une réunion du Conseil de défense, selon la télévision d’État iranienne, qui a confirmé les décès dimanche matin.

Trois alliés perdus en un an

Pour Kiev, la mort de Khamenei montre, selon Sibiga, l’incapacité de Moscou à protéger ses partenaires. En décembre 2024, le président syrien Bachar al-Assad avait fui Damas à la chute de son régime, renversé par une coalition de groupes armés. En janvier 2026, le président vénézuélien Nicolás Maduro avait été arrêté lors d’une opération américaine, privant la Russie d’un allié stratégique en Amérique latine avec lequel Vladimir Poutine avait signé un accord de partenariat seulement huit mois plus tôt.

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« Assad, Maduro, et maintenant Khamenei. Poutine a perdu trois de ses amis les plus proches. Il n’a aidé aucun d’entre eux », a écrit Sibiga sur X, ajoutant que « la chute de Poutine est un jour inévitable » et appelant la communauté internationale à tout faire pour rapprocher ce jour. Cette position trouve un écho factuel dans la séquence des frappes du 28 février : ni Moscou ni Pékin, partenaires affichés de Téhéran, n’ont apporté de soutien militaire concret à l’Iran, une absence relevée dimanche par France 24.

L’Iran entre riposte et vide institutionnel

La mort de Khamenei a déclenché une riposte immédiate de Téhéran. Les Gardiens de la Révolution ont lancé dans les heures suivantes plusieurs vagues de missiles et de drones contre des bases militaires américaines dans le Golfe et contre Israël, visant vingt-sept installations américaines dans la région ainsi que des cibles en Israël, selon la télévision d’État iranienne. Des explosions ont été entendues à Dubaï, Doha et Manama, et l’Iran a décrété quarante jours de deuil national.

La mort simultanée de Khamenei et de l’ensemble du commandement militaire réuni en séance de crise ouvre une période d’incertitude institutionnelle. Le responsable du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a annoncé la formation d’un conseil de direction provisoire. La prochaine étape formelle est la convocation de l’Assemblée des experts, organe constitutionnellement chargé de désigner un nouveau guide suprême, dont le calendrier reste indéterminé tant que les frappes se poursuivent.

1 réflexion au sujet de « Maduro, Khamenei : pour l'Ukraine, Poutine n'est pas un allié fiable »

  1. « Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sibiga, a affirmé … que la Russie est un allié peu fiable dont l’influence internationale recule. »

    C’est en effet la stratégie de Trump. Comme il ne peut pas se faire Poutine, il tente de l’affaiblir en s’attaquant à ses alliés. Stratégie gagnante ou pas, difficile à dire. C’est hyper-dangereux parce que si les Russes viennent aider les Iraniens, cela déclenche la IIIème mondiale aussi sec !

    Pour l’instant Poutine a refusé de tomber dans le piège se battre sur plusieurs fronts. Reste à savoir ce que va faire la Chine qui ne peut pas laisser tomber l’Iran non plus.

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