La 20ᵉ édition du salon Mobile World Congress (MWC) se tient du 2 au 5 mars 2026 à Barcelone, en Espagne, sous l’égide de l’association internationale des opérateurs mobiles GSMA. À cette occasion, un pavillon africain accueille la présentation d’un modèle d’intelligence artificielle conçu pour fonctionner nativement en swahili, fruit d’une collaboration entre plusieurs opérateurs télécoms africains, des développeurs américains et le GSMA révèle RFI.
L’initiative figure parmi les annonces marquantes de cette édition du plus grand rendez-vous mondial de l’industrie mobile. Elle vise à démontrer les possibilités d’outils d’IA adaptés aux langues africaines et aux usages locaux.
Une IA développée pour les langues africaines
Le modèle présenté à Barcelone repose sur une architecture de LLM (Large Language Model), une technologie d’intelligence artificielle capable de comprendre et de générer du texte à partir de grandes quantités de données linguistiques. Contrairement à la majorité des modèles dominants, généralement entraînés en anglais ou dans quelques langues largement numérisées, celui-ci a été conçu pour fonctionner directement en swahili.
Selon les responsables du projet, l’objectif consiste à améliorer l’accès aux technologies numériques pour les populations utilisant cette langue largement parlée en Afrique de l’Est. Kamwule Okafor, responsable de l’initiative pour GSMA Africa, souligne que cette approche ouvre des perspectives dans plusieurs secteurs selon RFI:
« Il existe de nombreuses opportunités dans les secteurs de la santé, de l’agriculture et des services financiers pour élargir et accélérer l’adoption des technologies grâce à une IA qui parle ces langues ».
Le swahili est utilisé par plusieurs dizaines de millions de locuteurs dans des pays comme la Tanzanie, le Kenya, l’Ouganda ou encore la République démocratique du Congo. Les concepteurs de l’outil estiment qu’un modèle entraîné dans cette langue pourrait faciliter l’accès aux services numériques et aux plateformes d’information.
Un pavillon africain pour la première fois au MWC
L’édition 2026 marque également la première présence officielle d’un pavillon africain au Mobile World Congress. L’espace rassemble plusieurs initiatives technologiques du continent et met en avant les projets portés par des opérateurs et des entreprises numériques africaines. Le GSMA, qui organise l’événement, représente l’écosystème mondial de l’industrie mobile et regroupe des centaines d’opérateurs télécoms ainsi que de nombreuses entreprises technologiques. Le salon de Barcelone constitue chaque année un lieu de présentation de nouveaux réseaux, d’équipements et de services numériques.
La mise en avant d’un modèle d’IA africain intervient alors que les technologies d’intelligence artificielle connaissent une progression rapide depuis le début des années 2020. Les progrès dans le machine learning, la disponibilité massive de données numériques et l’augmentation de la puissance de calcul ont permis l’émergence de modèles capables de produire du texte, des images ou du code informatique.
Cette dynamique a conduit les grandes entreprises technologiques et plusieurs États à investir massivement dans le développement de ces outils, qui sont désormais utilisés dans des domaines variés allant de la santé à la finance, en passant par les services publics et les médias.
Des applications attendues dans plusieurs secteurs
Les promoteurs du projet évoquent plusieurs domaines d’application potentiels pour une intelligence artificielle capable d’interagir en swahili. Dans le secteur agricole, des assistants numériques pourraient fournir des conseils aux producteurs sur les cultures ou les conditions climatiques. Dans le domaine de la santé, l’outil pourrait faciliter l’accès à certaines informations médicales dans des zones où les ressources linguistiques numériques restent limitées.
Les services financiers numériques, déjà très développés en Afrique de l’Est avec les systèmes de paiement mobile, représentent également un terrain d’expérimentation pour ce type de technologie. La présentation de ce modèle intervient au moment où plusieurs initiatives cherchent à réduire la dépendance aux outils linguistiques dominés par l’anglais ou le chinois. Le développement de modèles entraînés dans des langues locales constitue l’un des enjeux du débat sur la souveraineté numérique et l’inclusion technologique.

