Russie : Poutine accuse l'Ukraine de torpiller les intérêts de l'Europe

Le président russe Vladimir Poutine a accusé, mercredi 4 mars 2026, l’Ukraine d’avoir coulé un méthanier russe en Méditerranée à l’aide de drones navals, qualifiant l’opération d’acte terroriste dont les conséquences pèsent sur l’approvisionnement énergétique du continent européen.

Le navire visé, l’Arctic Metagaz, transportait du gaz naturel liquéfié depuis le port de Mourmansk lorsqu’il a été attaqué au large des côtes libyennes. Selon le ministère russe des Transports, des vedettes sans équipage appartenant à l’Ukraine ont été lancées depuis le littoral libyen pour frapper le bâtiment. Le navire a ensuite sombré entre Malte et la Libye, selon les autorités libyennes. Les trente membres d’équipage ont été secourus.

Poutine pointe les dommages pour l’Europe

S’exprimant à la télévision d’État russe, Poutine a déclaré : « C’est une attaque terroriste. Cela aggrave la situation sur les marchés mondiaux de l’énergie, sur les marchés du gaz, y compris dans ce cas, principalement pour l’Europe. » Il a ajouté que le gouvernement ukrainien mordait la main de l’Union européenne, son principal soutien financier, en frappant des infrastructures d’exportation gazière russes qui alimentent le continent.

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L’Arctic Metagaz faisait partie de la flotte dite « fantôme » russe, ces bâtiments utilisés pour contourner les restrictions commerciales imposées à Moscou depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Le navire transportait une cargaison issue du terminal Arctic LNG 2, lui-même frappé par les sanctions américaines et européennes.

Quelques jours avant l’attaque, Poutine avait déjà affirmé, devant le collège du FSB, que Kiev préparait des opérations de sabotage contre les gazoducs Turkish Stream et Blue Stream en mer Noire, sans fournir de preuves publiques à l’appui. Les autorités ukrainiennes n’ont formulé aucune déclaration publique sur le naufrage de l’Arctic Metagaz ni sur les accusations du président russe.

Moscou annonce une réorientation de ses exportations gazières

Au-delà des déclarations, Poutine a instruit son gouvernement de préparer une réorientation des exportations russes de gaz vers des marchés alternatifs, menaçant de couper les livraisons vers l’Europe sans attendre une décision formelle de l’Union européenne. Une option d’autant plus pesante que l’Europe n’a pas encore achevé sa transition hors du gaz russe, plusieurs pays d’Europe centrale restant structurellement dépendants de ces approvisionnements.

Cette annonce intervient après une année 2025 marquée par l’effondrement d’un quart des recettes pétrolières et gazières russes, sous l’effet conjugué des sanctions occidentales et du recul des cours des hydrocarbures. Moscou avait déjà largement réorienté une partie de ses exportations vers l’Asie, notamment la Chine et l’Inde.

Les mesures concrètes de réorientation des flux gaziers russes devraient être présentées par le gouvernement russe dans les prochaines semaines, selon les instructions données par le Kremlin à l’issue de la déclaration présidentielle.

3 réflexions au sujet de “Russie : Poutine accuse l'Ukraine de torpiller les intérêts de l'Europe”

  1. Il est malin. La mega-crise pétro-gazière qui s’annonce qui va dézinguer les économies européennes. Poutine va en rendre l’Ukraine responsable de façon à ce que l’Europe la laisse tomber.

    Ces drones navals sont de fabrication britiche. Malte, c’est britiche. Poutine sait très bien que c’est le MI6 qui est derrière l’attentat mais le nain barbu de Kiev n’est pas en position de le contredire !

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    • Il n’a pas été formé au KGB pour rien.
      Si la guerre en Iran ne s’arrête pas rapidement, ça va commencer à gueuler à la pompe.

      Les européens sont idiots de croire que ceux qui n’ont pas de pétrole peuvent dicter leur loi à ceux qui leur en vendent.

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      • Poutine a deux problèmes.
        En externe, il doit faire face à des eurocrades irrationnels qui jouent contre leurs propres intérêts
        En interne, il doit faire face à ses généraux qui en ont marre de voir des bateaux couler sans recevoir l’autorisation du tsar d’en couler en représailles (on parle de bateaux britiches, en l’occurence)

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