Le tribunal Tagansky de Moscou a prononcé lundi 16 mars 2026 une amende de 35 millions de roubles — soit environ 354 000 euros — à l’encontre de Telegram Messenger Inc, pour cinq infractions administratives liées au maintien en ligne de contenus dont l’accès est restreint sur le territoire russe. La condamnation a été rapportée par plusieurs médias internationaux qui ont cité l’agence Interfax.
La juge a retenu cinq violations distinctes de l’article 13.41 du Code des infractions administratives de la Fédération de Russie, à raison de sept millions de roubles par infraction. Les faits reprochés portent sur le non-retrait de contenus appelant à des activités extrémistes, de matériel pornographique impliquant des mineurs, ainsi que d’informations relatives à la fabrication et à l’acquisition de stupéfiants et de substances psychotropes.
Une série de sanctions judiciaires
Cette condamnation n’est pas isolée. Le 11 février 2026, le même tribunal avait déjà infligé à Telegram une amende de 10,8 millions de roubles. Roskomnadzor avait alors enregistré huit nouveaux protocoles administratifs contre la messagerie, dont cinq auraient été examinés lors de l’audience de ce lundi.
Selon les données publiées par le quotidien économique Vedomosti, la dette totale de Telegram en amendes non recouvrées dépassait déjà 29,6 millions de roubles en février 2026, avec 21 procédures d’exécution en cours. Telegram rejette les accusations des autorités russes. La société affirme que Moscou cherche délibérément à dégrader ses services pour contraindre les utilisateurs à migrer vers MAX, une application de messagerie lancée en septembre 2025 par le groupe technologique russe VK sous impulsion du Kremlin, dont les communications ne sont pas chiffrées de bout en bout.
Des restrictions qui précèdent le jugement
La condamnation intervient quelques semaines après une série de mesures techniques visant les messageries étrangères. En février 2026, WhatsApp a été bloqué en Russie, tandis que Telegram a subi des ralentissements progressifs affectant notamment les appels audio et vidéo. Euronews avait alors rapporté que des restrictions partielles pesaient déjà sur les deux plateformes depuis août 2025.
Un blocage total de Telegram serait envisagé par les autorités russes pour le printemps 2026, possiblement à compter du 1er avril, selon des informations rapportées par des médias russes. Cette décision n’a pas encore fait l’objet d’une annonce officielle formelle.


C’est une bonne appli mais les ukros ont réussi à capter des infos militaires grâce à elle. Du coup, le Kremlin veut limiter son utilisation