Le Front Polisario aurait proposé un statut d' »État libre associé » pour le Sahara occidental, calqué sur le modèle de Porto Rico. Le Maroc rejette l’option catégoriquement. L’information est révélée par Ignacio Cembrero, journaliste spécialiste du Maghreb, dans Middle East Eye, le 8 mars 2026.
Ce que le Polisario a mis sur la table
Porto Rico est un territoire lié aux États-Unis disposant d’un gouvernement propre et d’une constitution locale, mais Washington conserve la souveraineté, la défense et la politique étrangère. Transposé au Sahara occidental, ce schéma permettrait au territoire de disposer d’institutions politiques propres, tout en maintenant une relation institutionnelle avec le Maroc. Le Polisario, soutenu diplomatiquement par l’Algérie qui héberge les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf depuis 1975, y verrait une tentative de compromis entre l’indépendance revendiquée et le plan d’autonomie marocain. Le mouvement exigerait que tout statut final soit approuvé exclusivement par un vote des Sahraouis, selon Cembrero.
Les raisons du refus marocain
Pour Rabat, le Sahara est une province marocaine à part entière — pas un territoire à statut négociable. Le modèle Porto Rico ouvrirait structurellement une porte vers une future indépendance, option que le Maroc cherche à fermer depuis son plan d’autonomie de 2007. Rabat privilégie une réforme constitutionnelle soumise au vote des 37 millions de Marocains, pas aux seuls Sahraouis. Cette position est soutenue depuis janvier 2026 par les 27 États membres de l’UE.
Un climat de négociation au bord de la rupture
Trois rounds ont été organisés entre fin janvier et fin février 2026 — deux à Washington, un à Madrid — par Massad Boulos, envoyé de Donald Trump pour l’Afrique. Les délégations du Maroc, du Polisario, de l’Algérie et de la Mauritanie y participaient. Le ton, selon des sources proches du dossier citées par Cembrero, a été « très tendu », les délégations étant « à peine polies entre elles ». Le dossier du Sahara occidental reste l’un des conflits les plus sensibles du monde arabe et africain : il cristallise depuis cinquante ans la rivalité entre le Maroc et l’Algérie, bien au-delà de la seule question territoriale. Washington souhaiterait un résultat avant la fin du printemps 2026, selon Cembrero. Aucun accord-cadre n’a été annoncé à ce stade.

