Softcare au Sénégal : «pas de substances dangereuses» selon le ministre Ibrahima Sy

L’affaire Softcare, qui agite depuis plusieurs mois le secteur des produits d’hygiène au Sénégal, connaît un nouveau développement. Les conclusions d’une enquête indépendante présentées ce jeudi 5 mars à Dakar apportent des éléments qui pourraient modifier la perception du dossier. Selon les autorités sanitaires, reprises par APS, les analyses menées n’ont pas mis en évidence de substances dangereuses dans les matières premières utilisées par l’entreprise. Cette prise de parole officielle intervient après plusieurs semaines de débats et d’incertitudes autour des activités de cette société spécialisée dans la fabrication de couches pour bébés et de serviettes hygiéniques.

Le ministère de la Santé évoque l’absence de risque sanitaire

Lors d’une conférence de presse, le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, a indiqué que les investigations menées n’ont pas permis d’identifier un danger pour la santé publique. Les analyses réalisées sur les matières premières utilisées par l’entreprise n’ont pas révélé la présence de substances considérées comme nocives.

Le ministre a toutefois rappelé l’importance d’une distinction claire entre la présence de produits considérés comme périmés et la preuve effective de leur utilisation dans la fabrication finale. Selon lui, cette nuance essentielle n’aurait pas été correctement prise en compte lors de la première décision administrative ayant conduit à l’arrêt de l’activité de l’usine.

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L’affaire avait pris une ampleur particulière après la suspension, le 8 décembre 2025, des activités de l’entreprise par l’autorité chargée de la régulation des produits d’hygiène. Cette mesure reposait sur des observations liées à l’utilisation présumée de matières premières arrivées à expiration.

Volet judiciaire en cours dans le dossier Softcare

Avant même les conclusions présentées ce jeudi, le dossier avait déjà pris une dimension judiciaire. Début janvier 2026, il avait été annoncé qu’une plainte serait déposée auprès de l’organe national de lutte contre la corruption.

Cette initiative portée par Maître Massokhna Kane, président de l’association SOS Consommateurs a pour but de faire examiner la gestion administrative de l’affaire et de déterminer si certaines décisions prises durant la procédure respectaient les règles en vigueur. L’objectif affiché est également de clarifier les responsabilités éventuelles et de garantir une meilleure protection des consommateurs.

Les conclusions de l’enquête indépendante présentées ce 5 mars ne ferment donc pas totalement le dossier. Elles apportent cependant un éclairage nouveau sur la question du risque sanitaire, tout en laissant la justice poursuivre l’examen des aspects administratifs et institutionnels de cette affaire qui continue de susciter l’attention au Sénégal.

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