Zelensky menace Viktor Orbán : Bruxelles juge le ton « inacceptable »

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a proféré des menaces à peine voilées à l’encontre du Premier ministre hongrois Viktor Orban, au sujet du blocage par Budapest d’un prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine. La Commission européenne a aussitôt qualifié ces déclarations d’inacceptables, exigeant que toute menace contre un État membre cesse.

Une déclaration qui franchit une ligne diplomatique

Lors d’une prise de parole publique, Zelensky a averti que si une seule personne au sein de l’Union européenne venait à bloquer le déblocage des fonds, ses forces armées recevraient l’adresse de cette personne pour lui « parler dans leur propre langage ». La cible de ces propos, sans jamais être nommée explicitement, ne faisait aucun doute : Viktor Orban, qui s’oppose depuis plusieurs mois au versement de ce prêt communautaire.

« Nous espérons qu’une seule personne au sein de l’UE ne bloquera pas les 90 milliards. Sinon, nous donnerons l’adresse de cette personne à nos Forces armées, à nos gars. Qu’ils l’appellent et qu’ils lui parlent dans leur propre langage« , a lancé le numéro un ukrainien Volodymyr Zelensky.

La réaction de Bruxelles n’a pas tardé. Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne, a déclaré que « ce type de langage est inacceptable » et rappelé qu’aucune menace ne devait être proférée à l’encontre des États membres de l’UE. Il a ajouté que des discussions étaient activement en cours avec toutes les parties concernées.

« La Commission européenne affirme très clairement que ce type de langage est inacceptable. Aucune menace ne doit être proférée à l’encontre des États membres de l’UE. Je réaffirme que nous menons des discussions actives avec toutes les parties concernées sur cette question », a déclaré porte-parole de la Commission européenne, Olof Gill.

Du côté hongrois, Orban a répondu sans équivoque, affirmant qu’il ne céderait pas — « pas même s’ils me font chanter, pas même s’ils menacent ma vie » — estimant que plier face à ces pressions serait contraire aux intérêts de son pays.

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Un différend structurel entre Kiev et Budapest

La tension entre les deux dirigeants ne date pas de cet épisode. Depuis le démarrage de l’offensive russe en l’Ukraine en février 2022, Orban s’est distingué au sein de l’UE comme le principal opposant aux sanctions contre Moscou et aux aides accordées à Kiev. Il a régulièrement conditionné son accord à des contreparties — notamment sur le statut de la minorité hongroise présente en Transcarpatie ukrainienne — retardant ainsi plusieurs décisions communautaires nécessitant l’unanimité des vingt-sept États membres.

Budapest entretient par ailleurs des relations privilégiées avec Moscou : la Hongrie reste dépendante du gaz russe et accueille la construction de la centrale nucléaire de Paks, financée et réalisée par l’entreprise publique russe Rosatom. Zelensky a à plusieurs reprises qualifié Orban d’allié de facto du Kremlin au sein de l’Union, une accusation que Budapest rejette fermement.

Le différend s’est encore durci ces dernières semaines avec l’arrestation par les autorités hongroises de sept ressortissants ukrainiens, conduisant Kiev à déconseiller officiellement à ses citoyens tout déplacement en Hongrie.

3 réflexions au sujet de “Zelensky menace Viktor Orbán : Bruxelles juge le ton « inacceptable »”

  1. Un président assisté par une union à laquelle son pays n’appartient pas mais qui se permet de menacer directement de mort un chef d’état de cette union.

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    • C’est ça …. et le méchant est celui qui est dans l’union.

      Faut pas se leurrer : « La Commission européenne a aussitôt qualifié ces déclarations d’inacceptables », c’est pour les gogos.

      Dans la vraie vie, Ursula et ses larbins ont demandé au nain de Kiev de bloquer le pipe de façon à provoquer une crise de l’énergie en Hongrie, ce qui mettrait le peuple hongrois en colère contre Orban. Le but de la manoeuvre étant de virer Orban de son poste lors des prochaines élections (en avril), pour mettre quelqu’un de plus pro-ue à sa place.

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