La Direction générale de l’armement (DGA) a lancé un partenariat d’innovation baptisé ELISA afin de développer des drones intercepteurs destinés aux forces françaises. Ce programme vise à répondre à des besoins opérationnels jugés insuffisamment couverts par les dispositifs actuels de lutte contre les drones.
Doté d’un budget de 18,7 millions d’euros, ELISA doit permettre de concevoir et d’industrialiser des drones capables de neutraliser des menaces telles que les drones ou les munitions téléopérées. Selon la DGA, les systèmes actuellement utilisés ne répondent que partiellement aux menaces, tant en volume qu’en coût.
Une procédure progressive pour sélectionner les solutions
Le partenariat d’innovation repose sur un mécanisme encadré par l’article L. 2172-3 du Code de la commande publique. Il prévoit une première phase de recherche et développement confiée à plusieurs industriels sélectionnés. Les solutions les plus performantes sont ensuite retenues pour une phase de développement, avant un choix final en vue d’une éventuelle production.
La DGA prévoit de sélectionner jusqu’à huit candidats pour cette première étape. Les industriels devront proposer des systèmes capables de neutraliser des drones par percussion ou à l’aide d’une charge pyrotechnique embarquée. Les performances attendues incluent l’interception d’appareils de plus de 100 kg pouvant atteindre une vitesse de 600 km/h. À terme, la production pourrait atteindre environ 1 000 unités sur l’ensemble de la durée du programme.
Des capacités adaptées aux contraintes opérationnelles
L’objectif affiché est de disposer de solutions pouvant être mises en œuvre sans moyens lourds, afin de compléter les capacités existantes. Ce programme doit permettre de limiter le recours à des systèmes plus coûteux pour contrer certaines menaces aériennes.
Plusieurs entreprises françaises se sont déjà positionnées sur ce segment, notamment Asterodyne, Harmattan AI ou Alta Ares. Certains systèmes ont par ailleurs été évalués au sein des forces françaises, comme le Destinus Hornet et le GOBI développé par Harmattan AI, actuellement testés par le 54e régiment d’artillerie, spécialisé dans la défense sol-air.
Une dynamique déjà engagée
Le Ministère des Armées a déjà recours à la procédure de partenariat d’innovation pour développer certaines capacités. En 2023, la DGA l’avait utilisée pour le programme FLPT, destiné à préparer la succession du lance-roquettes unitaire. Les entreprises intéressées par le programme ELISA ont jusqu’au 7 mai pour déposer leur candidature.



