Bénin : 5 ans de prison pour un tiktokeur après des vidéos sexuelles en direct

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a condamné, jeudi 2 avril 2026, le tiktokeur Valère Noukonmè à cinq ans de prison ferme. Il est reconnu coupable d’outrage public à la pudeur et d’escroquerie via internet, avec une amende fixée à un million de francs CFA. Le jugement a été rendu en audience publique, contradictoire et en premier ressort, ouvrant la possibilité d’un appel dans un délai de quinze jours.

L’affaire remonte à octobre 2025, lorsque Valère Noukonmè a été interpellé par les agents du Centre national d’investigations numériques. Cette arrestation faisait suite à la diffusion en direct sur TikTok de contenus à caractère sexuel. Dans un communiqué, le CNIN avait indiqué que l’interpellation était liée à ces publications en ligne. Placé en garde à vue, le suspect a vu son téléphone portable analysé par les enquêteurs.

Des éléments numériques exploités par les enquêteurs

L’examen du téléphone a permis, selon les autorités, de découvrir des données considérées comme relevant de la cybercriminalité. Ces éléments ont été versés au dossier d’instruction. Présenté au parquet spécial près la CRIET, le mis en cause a été placé en détention préventive. Il a ensuite été poursuivi pour deux infractions : outrage public à la pudeur et escroquerie via internet. Au cours de la procédure, le ministère public a soutenu l’existence de faits constitutifs de ces infractions sur la base des contenus diffusés et des données extraites du téléphone.

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En rendant sa décision le 2 avril 2026, la juridiction spéciale a déclaré Valère Noukonmè coupable des deux chefs d’accusation retenus contre lui. Il écope de soixante mois d’emprisonnement ferme, soit cinq ans, ainsi que d’une amende d’un million de francs CFA.

Selon les informations rapportées par le média Libre Express, le prévenu dispose d’un délai légal de quinze jours pour interjeter appel de cette décision. Le cadre juridique béninois en matière de cybercriminalité, notamment la loi portant Code du numérique adoptée en 2018, prévoit des sanctions pénales pour les infractions commises via les plateformes numériques, incluant la diffusion de contenus contraires aux bonnes mœurs et les pratiques frauduleuses en ligne. L’éventuel recours du condamné devant une juridiction d’appel devra être introduit dans le délai prévu par la loi.

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