Bénin : Amnesty International dénonce des restrictions des libertés (Rapport 2025-2026)

Le mardi 21 avril 2026, Amnesty International Bénin a présenté à Bénin Royal Hôtel son rapport annuel 2025-2026 sur la situation des droits humains dans le monde. Le document, exposé par Dieudonné Dagbéto, consacre un chapitre au Bénin, pointant des restrictions continues des libertés publiques.

Le rapport relève que les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique ont été de nouveau restreints au cours de l’année écoulée. Amnesty International souligne l’usage récurrent de dispositions du code du numérique pour poursuivre des citoyens et des professionnels des médias, notamment pour « diffusion de fausses informations » ou « harcèlement par communication électronique ».

Plusieurs décisions administratives et judiciaires sont citées. Des arrestations de journalistes et d’acteurs politiques ont suivi, dont celle de Julien Kandé Kansou en juin. Le rapport mentionne aussi l’interpellation du journaliste Comlan Hugues Sossoukpè en juillet à Abidjan, suivie de son extradition vers le Bénin et de poursuites engagées par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme ainsi que d’autres professionnels des médias, comme Cosme Hounsa et Olivier Allochémé.

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Sur le plan international, le Bénin a reculé de la 89e à la 92e place dans le classement de Reporters sans frontières. Amnesty International note également des restrictions répétées de manifestations de l’opposition, notamment celles du parti Les Démocrates, accompagnées de dispersions par les forces de l’ordre.

Pression sécuritaire et déplacements internes

Le rapport met en avant la situation sécuritaire dans le nord du pays. Des attaques attribuées à des groupes armés, dont le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans lié à Al-Qaïda, ont visé les forces armées béninoises. Au moins 82 soldats ont été tués entre janvier et octobre.

Cette insécurité a entraîné une hausse marquée du nombre de personnes déplacées internes. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, leur effectif a atteint 27 294 en juillet 2025, soit une augmentation de 118 % en un an. Ces populations, souvent privées de revenus, rencontrent des difficultés d’accès à l’alimentation, à l’eau, aux soins et au logement.

Conditions de détention et expulsions contestées

Les conditions de détention préoccupent également les instances internationales. Des experts de l’Organisation des Nations unies ont signalé un recours étendu à la détention provisoire dans le cadre de la lutte antiterroriste, ainsi que la surpopulation carcérale et l’insuffisance des soins médicaux. Plusieurs centaines de personnes arrêtées depuis 2019 pour des infractions liées au terrorisme n’auraient pas été formellement inculpées.

Le rapport évoque par ailleurs la situation des personnes migrantes et réfugiées. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés estime leur nombre à plus de 30 000, dont une majorité de femmes. Les autorités béninoises ont reconnu des difficultés à assurer des services essentiels à ces populations.

Enfin, Amnesty International revient sur les expulsions forcées menées dans certaines zones urbaines, notamment à Cotonou. Dans ce contexte, le rapport rappelle que le président Patrice Talon a réaffirmé publiquement son intention de ne pas briguer un troisième mandat en 2026. Plusieurs dossiers soulevés, notamment les conditions de détention et les indemnisations liées aux expulsions, restent en attente de mesures concrètes de la part des autorités.

1 réflexion au sujet de “Bénin : Amnesty International dénonce des restrictions des libertés (Rapport 2025-2026)”

  1. Sonagnon …tu auras un recours étendu à la détention provisoire dans le cadre de la lutte anti-pagailleur

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