Bénin : un dossier de sextorsion impliquant 24 plaignantes examiné à la CRIET

Un dossier de cybercriminalité impliquant 24 jeunes filles a été examiné le jeudi 9 avril 2026 par la CRIET. Un jeune homme et une jeune femme, placés en détention provisoire, ont comparu pour des faits présumés de harcèlement et d’escroquerie via internet.

Selon les éléments exposés à l’audience, le principal prévenu aurait mis en place un procédé visant à obtenir des images intimes de ses interlocutrices avant de leur réclamer de l’argent sous la menace de diffusion. L’affaire, suivie avec l’appui de l’Institut national de la femme (INF), concerne des victimes âgées pour la plupart de 19 à 27 ans.

Des témoignages détaillant un mode opératoire en ligne

Devant la juridiction, selon un rapport de Libre Express, plusieurs plaignantes ont relaté des échanges engagés sur les réseaux sociaux avec une personne se présentant comme une jeune femme. Après une phase de mise en confiance, celle-ci proposait des appels vidéo et convainquait ses interlocutrices qu’elles étaient « entre filles », les incitant à ne pas dissimuler leur nudité.

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Selon leurs déclarations à la barre, ces séquences étaient enregistrées à leur insu. Quelques jours plus tard, les victimes étaient recontactées avec les images en question, accompagnées d’une demande de paiement généralement fixée à 50 000 francs CFA pour éviter leur diffusion. Certaines ont indiqué que le montant pouvait être réduit en cas de refus, sur fond de menaces de publication des contenus.

Une des plaignantes a affirmé que des images la concernant auraient été transmises à son responsable au travail et à son petit ami après son refus de payer. Huit victimes au total ont été entendues lors de cette audience, selon le compte rendu du même média.

Une procédure judiciaire en cours avec de nouvelles auditions attendues

À l’issue des débats, les juges de la CRIET ont décidé de renvoyer le dossier au 4 juin 2026 afin de permettre l’audition des autres plaignantes absentes. L’Institut national de la femme s’est constitué partie civile dans ce dossier.

La sextorsion, qui combine extorsion et exploitation d’images intimes, repose sur des interactions numériques souvent amorcées sous de fausses identités. Ce type de fraude est régulièrement signalé dans les dossiers de cybercriminalité. Au Bénin, les autorités judiciaires traitent ces affaires dans le cadre des infractions liées aux technologies de l’information, avec des poursuites pouvant relever de l’escroquerie et du chantage, conformément aux textes en vigueur. La prochaine audience devrait permettre d’entendre les autres victimes ainsi que les explications des deux prévenus.

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