Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a apporté de nouvelles précisions sur deux expressions qu’il avait lancées ces derniers mois et qui alimentent les débats sur la toile africaine : « l’albinos noir » et « l’hiver noir ». Ces clarifications ont été formulées lors d’une interview accordée à la presse nationale et internationale le 2 avril 2026, à l’occasion du premier anniversaire de la proclamation de la Révolution progressiste populaire (RPP).
Une bonne nouvelle pour le Burkina, sans révélation
Sur l’« albinos noir », Traoré a confirmé que l’expression désigne une évolution favorable propre au Burkina Faso, sans en préciser la nature. « L’albinos noir concerne le Burkina et c’est une bonne nouvelle qui concerne notre patrie. Elle arrive », a-t-il déclaré, maintenant l’énigme autour d’une annonce qu’il avait formulée pour la première fois en septembre 2025, promettant alors que « la guerre va finir très vite » à son apparition.
L’expression avait suscité un large débat public. Interrogés par Burkina 24 au Grand Marché de Ouagadougou, des citoyens y voyaient tour à tour la fin imminente du terrorisme, l’avènement d’une nouvelle monnaie de l’AES ou un changement politique majeur.
L’hiver noir, une menace déjà amorcée
Sur l’« hiver noir », le chef de l’État a adopté un ton plus alarmiste. Il a indiqué que le processus est désormais enclenché, liant son inévitabilité aux comportements des dirigeants africains qu’il juge inféodés à des puissances extérieures. L’expression avait été introduite en décembre 2025, lors du 2e collège des chefs d’État de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), en référence à une déstabilisation violente qu’il comparait au Printemps arabe.
Ce discours s’inscrit dans une posture de rupture assumée avec les anciennes tutelles. Lors de la même interview, Traoré a rejeté les déclarations du chef d’état-major français évoquant une « détérioration catastrophique » de la situation sécuritaire au Burkina, répondant que la situation intérieure du pays ne relève pas de l’appréciation de Paris.
Un bilan sécuritaire avancé comme contrepoint
Le président a présenté des chiffres concrets pour contrebalancer les analyses extérieures : le nombre de déplacés internes serait passé de près de deux millions à moins d’un million, avec une projection de quasi-disparition d’ici mai ou juin 2026. Des localités du nord de Djibo, sous contrôle jihadiste depuis une décennie, auraient été reconquises, selon ses déclarations. Le capitaine Traoré a annoncé que la prochaine phase des opérations visera à sécuriser durablement les zones libérées pour prévenir toute réinfiltration.



