Le gouvernement burkinabè a décidé de devenir propriétaire unique de la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX). Le Conseil des ministres, réuni le 16 avril 2026 sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, a adopté deux décrets formalisant cette nationalisation et approuvant les nouveaux statuts de l’entreprise.
L’État, déjà majoritaire avec 89 % du capital de la SOFITEX, a racheté l’ensemble des participations détenues par des investisseurs privés, nationaux comme étrangers. L’entreprise affiche un capital social de 19,5 milliards de FCFA. Cette acquisition représente l’une des mesures parmi plusieurs nationalisations engagées par Ouagadougou depuis 2024 dans des secteurs considérés comme stratégiques : le secteur minier et diverses entreprises industrielles comme la SN CITEC, la Société sucrière de la Comoé, la Brasserie du Faso et la Minoterie du Faso.
Des difficultés structurelles
La SOFITEX est confrontée depuis des années à des contraintes structurelles qui affectent son rendement. Selon Serge Gnaniodem Poda, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, ces difficultés incluent une dette lourde, des charges de fonctionnement élevées ainsi que des paiements tardifs aux producteurs. La situation est aggravée par la volatilité persistante des prix internationaux.
« Face à ces difficultés qui affectent les performances de la SOFITEX, le gouvernement a décidé d’en devenir l’unique actionnaire afin d’assurer la stabilité de la filière », a déclaré M. Poda lors de la présentation de la mesure.
Une ambition pour le secteur cotonnier
Le Burkina Faso figure parmi les principaux producteurs de coton en Afrique de l’Ouest, avec des volumes annuels historiquement élevés. En confiant à l’État le contrôle total de la SOFITEX, Ouagadougou ambitionne de renforcer sa maîtrise de cette filière essentielle à l’économie nationale. Les nouveaux statuts, approuvés jeudi, définiront désormais le fonctionnement de l’entreprise sous tutelle publique.



