Gazoduc transsaharien : l'Algérie, le Nigeria et le Niger valident l'étude de faisabilité

L’Algérie a organisé, mercredi 3 juin, la cinquième réunion ministérielle du comité de pilotage du projet de gazoduc transsaharien (TSGP). À l’issue des discussions, les trois pays ont validé le rapport final de l’étude de faisabilité actualisée et décidé du démarrage des travaux sur la portion algérienne du pipeline.

Cette réunion a rassemblé le ministre d’État algérien des Hydrocarbures Mohamed Arkab, son homologue nigérian en charge des Ressources pétrolières et du Gaz Ekperikpe Ekpo, ainsi que le ministre nigérien du Pétrole Hamadou Tini. Les dirigeants des sociétés nationales Sonatrach (Algérie), NNPC (Nigeria) et Sonidep (Niger) étaient également présents, aux côtés d’experts des trois pays.

Une étude de faisabilité élevée au rang de référence technique

Les ministres ont examiné les résultats de la mise à jour de l’étude de faisabilité réalisée par le cabinet britannique Penspen, chargé du dossier en mars 2025. Le rapport a été adopté à l’unanimité et reconnu comme « référence technique et économique » pour les étapes suivantes du projet, selon le communiqué du ministère algérien des Hydrocarbures. Les trois pays ont aussi décidé de renforcer la coordination entre leurs sociétés nationales et de lancer les démarches nécessaires à la mise en œuvre concrète du projet.

Long de plus de 4 000 km, le TSGP doit relier les champs gaziers du delta du Niger, dans le sud du Nigeria, aux côtes algériennes via le territoire nigérien, pour alimenter les marchés européens. Le projet, dont le coût est estimé à 13 milliards de dollars par Sonatrach, est concurrencé par le Nigeria-Morocco Gas Pipeline (NMGP), un tracé atlantique de 5 600 km porté par Rabat et évalué à 25 milliards de dollars. Les deux projets ciblent le même gaz nigérian et le même marché européen.

La section algérienne entre en phase de réalisation

Au-delà du transit du gaz nigérian, le tronçon algérien du TSGP est présenté par Alger comme un outil de valorisation de ses propres réserves. Selon le communiqué ministériel, cette infrastructure permettra également d’exporter des volumes produits en Algérie, notamment depuis le bassin d’Ahnat, récemment mis en avant par Sonatrach dans ses perspectives d’exploration.

Le lancement officiel des travaux sur la section algérienne a été annoncé à l’issue de la réunion. Le tronçon nigérien — le plus complexe, avec environ 1 000 km restant à construire — fait l’objet de procédures en cours depuis qu’une équipe de Sonatrach s’est rendue à Niamey en mars 2026 pour collecter les données de tracé. Aucune date de démarrage des travaux sur ce segment n’a été communiquée à l’issue de la réunion d’Alger.

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