Détroit d'Ormuz : Macron et le Royaume-Uni préparent une initiative pour sauver le commerce

Emmanuel Macron a annoncé lundi 13 avril l’organisation d’une conférence franco-britannique en vue de constituer une coalition navale internationale pour rétablir la libre circulation des navires dans le détroit d’Ormuz. L’annonce intervient le jour même où l’armée américaine met en œuvre un blocus des ports iraniens, interdisant l’entrée et la sortie de tout navire des zones côtières iraniennes.

Dans un message publié sur X, le président français a indiqué que Paris et Londres réuniront « dans les tout prochains jours » les pays disposés à contribuer à « une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation dans le détroit« . La mission sera « strictement défensive et distincte des belligérants« , et n’a pas vocation à intervenir tant que les combats se poursuivent.

Emmanuel Macron : « (…) S’agissant du détroit d’Ormuz, nous organiserons avec le Royaume-Uni, dans les tout prochains jours, une conférence avec les pays prêts à contribuer à nos côtés à une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation dans le détroit. Cette mission strictement défensive et distincte des belligérants aura vocation à se déployer dès que la situation le permettra.« 

Un détroit bloqué depuis plus d’un mois

Le détroit d’Ormuz est perturbé depuis le 28 février, date des frappes conjointes israélo-américaines sur l’Iran qui ont entraîné la mort du Guide suprême Ali Khamenei. En représailles, Téhéran a restreint le passage à travers ce couloir maritime par lequel transitent en temps normal environ 20 % du pétrole mondial. Quelque 2 000 navires marchands et près de 20 000 marins sont actuellement bloqués dans la zone, selon les données rapportées lors de la réunion du 2 avril réunissant plus de 40 pays sous l’égide de la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper.

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La tension est remontée d’un cran après l’échec des négociations directes entre Washington et Téhéran à Islamabad la semaine précédente. Le vice-président américain J.D. Vance avait quitté la capitale pakistanaise après plus de vingt heures de pourparlers, l’Iran refusant de s’engager formellement sur l’abandon de son programme nucléaire.

Une initiative diplomatique distincte de l’effort militaire américain

L’approche franco-britannique se distingue explicitement de la stratégie américaine. Macron a précisé que la future mission devra traiter l’ensemble des dossiers en suspens — activités nucléaires et balistiques iraniennes, déstabilisation régionale, situation au Liban — pour aboutir à un « règlement solide et durable ».

La conférence préparatoire doit se tenir dans les prochains jours. La composition exacte de la coalition et les modalités opérationnelles de déploiement restent à définir lors de cette réunion.

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