Elon Musk a insulté publiquement Clayson Monyela, haut responsable de la diplomatie publique au ministère sud-africain des Relations internationales (DIRCO), dans un échange virulent sur X le 12 avril 2026. Le milliardaire, né à Pretoria, a qualifié le fonctionnaire de « putain de raciste » après que celui-ci l’a raillé sur la même plateforme au sujet du blocage de Starlink en Afrique du Sud.
L’incident s’est déclenché lorsque Monyela a publié un mème ironique accompagné du message : « Plus de 600 entreprises américaines investissent en Afrique du Sud, respectent les lois et prospèrent. Zéro drame. » Une pique directe à Musk, qui répète depuis plusieurs mois que son service de communication par satellite ne peut obtenir de licence d’exploitation en Afrique du Sud au motif qu’il n’est « pas noir ». Monyela n’en était pas à sa première réplique : il avait déjà répondu à Musk en mars 2025 en des termes tranchants — « Monsieur, c’est FAUX et vous le savez. » Face à l’insulte du 12 avril, il a répondu par un nouveau mème, celui du chef du parti d’opposition EFF Julius Malema, légendé d’une question en sotho : « So, o kwatile ? » — « Alors, tu es en colère ? »
Starlink bloqué par les règles d’autonomisation économique
Le différend entre Musk et Pretoria porte sur la loi dite B-BBEE (Broad-Based Black Economic Empowerment), qui impose aux opérateurs de télécommunications étrangers de céder 30 % de leurs parts à des groupes historiquement défavorisés pour obtenir une licence. Starlink, filiale de SpaceX dont les actions ne sont pas cotées en bourse, ne satisfait pas à cette exigence. Le régulateur des télécommunications, l’ICASA, avait indiqué en 2025 n’avoir reçu aucune demande formelle de licence de la part de SpaceX, alors même que la société avait adressé un courrier à l’autorité qualifiant cette règle de « frein majeur à l’investissement ».
Le gouvernement sud-africain avait ouvert en 2025 une voie alternative, dite « equity equivalent », permettant aux entreprises étrangères de substituer des investissements sociaux — formation, infrastructure — à la cession d’actions. Starlink n’a pas obtenu de licence dans ce cadre à ce jour.
Une tension qui dépasse le cadre commercial
L’échange du 12 avril survient dans un climat diplomatique dégradé entre Washington et Pretoria. L’administration Trump a suspendu toute aide américaine à Afrique du Sud en février 2025, invoquant notamment la loi d’expropriation foncière adoptée en janvier de la même année et la plainte déposée par Pretoria contre Israël devant la Cour internationale de justice. Le secrétaire d’État Marco Rubio a annoncé son refus de participer au sommet du G20 prévu à Johannesburg.
Aucune date d’audience ni échéance réglementaire n’a été fixée publiquement pour statuer sur la demande de licence de Starlink en Afrique du Sud.



