Le pape Léon XIV a publiquement condamné, mardi 7 avril 2026, la menace du président américain Donald Trump de détruire la civilisation iranienne, la qualifiant de « vraiment inacceptable ». Le souverain pontife s’est exprimé devant la presse à la sortie de sa résidence de Castel Gandolfo, au sud de Rome.
La déclaration intervient après que Trump a averti que toute une civilisation mourra ce soir si l’Iran ne satisfait pas à ses dernières exigences, dont la réouverture du détroit d’Ormuz. « Aujourd’hui, comme nous le savons tous, il y a eu cette menace contre l’ensemble du peuple iranien. C’est vraiment inacceptable », a déclaré Léon XIV.
Le pape appelle les Américains à interpeller leurs élus
Au-delà de la condamnation, le pape a lancé un appel direct aux citoyens américains et à toutes les personnes de bonne volonté, les exhortant à contacter leurs représentants au Congrès pour exiger le rejet de toute escalade militaire. Il a rappelé son appel pascal à la paix, formulé quelques jours plus tôt depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, soulignant que la guerre « continue d’escalader sans rien résoudre ».
Cette séquence de déclarations de plus en plus directes a débuté dès le dimanche précédent, lorsque Léon XIV avait écrit sur X que la stabilité et la paix ne se construisent pas avec des menaces mutuelles ni avec des armes, appelant à un dialogue raisonnable, authentique et responsable. Le Vatican avait par ailleurs décliné l’invitation de Washington à rejoindre le « Board of Peace », initiative américaine visant à remplacer certaines fonctions de l’ONU.
Une rupture de ton assumée
Premier pape de nationalité américaine, élu en mai 2025, Léon XIV s’était jusqu’alors abstenu de toute déclaration publique nominative sur Trump durant les dix premiers mois de son pontificat. Depuis le lancement de l’opération militaire américano-israélienne baptisée « Epic Fury », le pape a multiplié les interventions, à raison de plusieurs appels en quelques jours.
La Maison-Blanche a répondu par la voix de sa porte-parole Karoline Leavitt, qui a jugé « très noble » le fait de prier pour les soldats, sans répondre directement aux critiques pontificales sur la légalité des frappes au regard du droit international humanitaire.
Le pape a annoncé la tenue d’une veillée de prière pour la paix le 11 avril, place Saint-Pierre à Rome.



