Guerre en Iran : l'UA et la BAD sonnent l'alerte pour les économies africaines

L’Union africaine et la Banque africaine de développement (BAD) avertissent que le conflit au Moyen-Orient représente un risque majeur pour les économies du continent. Dans un rapport consulté ce samedi 4 avril 2026, les deux institutions soulignent que la situation s’aggrave progressivement depuis le déclenchement de la guerre en Iran le 28 février dernier.

Selon les données du rapport, le choc économique est déjà visible : 29 monnaies africaines se sont dépréciées et la croissance du continent pourrait reculer de 0,2 point en 2026 si la guerre se prolonge au-delà de six mois.

Les vulnérabilités du continent exposées

Depuis le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une série de frappes massives sur le territoire iranien, ciblant des installations militaires, des sites nucléaires et des centres de commandement. L’Iran a répliqué par des tirs de missiles et de drones dirigés contre Israël et les bases militaires américaines dans la région. Cette guerre dépasse largement les frontières du Moyen-Orient. Elle paralyse le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, créant ainsi une onde de choc économique qui atteint l’Afrique, dépendante des importations énergétiques. Selon le rapport, le Moyen-Orient représente 15,8 % des importations africaines et 10,9 % de ses exportations, créant une dépendance structurelle dont le continent ne peut se soustraire rapidement.

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Les effets économiques commencent déjà à se faire sentir. La hausse des prix du carburant alimente l’inflation, tandis que le renchérissement des coûts d’expédition et d’assurance grève les budgets publics déjà fragilisés. Selon l’Union africaine, « le conflit, qui a déjà déclenché un choc commercial, pourrait rapidement se transformer en crise du coût de la vie à travers l’Afrique en raison de la hausse des prix du carburant et des aliments, de la hausse des coûts d’expédition et d’assurance, des pressions sur les taux de change et des conditions budgétaires plus strictes ».

Un appel à renforcer la résilience continentale

Face à ce scénario, la BAD et l’Union africaine appellent les États africains à accélérer l’intégration économique via la Zone de libre-échange continentale africaine. Elles préconisent également une production locale accrue d’énergie et d’engrais, ainsi que des réformes budgétaires et des outils financiers visant à soutenir la stabilité monétaire et les ménages fragiles. L’Union africaine et la BAD appellent les gouvernements africains à réagir rapidement face à la possibilité d’une prolongation du conflit.

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