Iran–États-Unis : les trois points de rupture qui ont fait échouer les négociations d'Islamabad

Les pourparlers directs entre Washington et Téhéran se sont conclus sans accord dimanche 12 avril à Islamabad, au Pakistan, après vingt et une heures de discussions. Le vice-président américain JD Vance, qui conduisait la délégation américaine aux côtés de l’émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, a annoncé son retour aux États-Unis en conférence de presse, laissant intacte la question d’une trêve durable au Moyen-Orient.

Ces négociations trilatérales, menées sous médiation pakistanaise, constituaient le premier contact direct à ce niveau entre les deux pays depuis la Révolution islamique de 1979. Elles visaient à prolonger le cessez-le-feu de deux semaines entré en vigueur le 8 avril, après six semaines d’un conflit déclenché le 28 février par une offensive américano-israélienne contre l’Iran, qui a fait des milliers de morts, dont plus de 2 000 au Liban depuis le 2 mars selon les autorités libanaises.

Le nucléaire, exigence non négociable de Washington

Côté américain, JD Vance a présenté l’absence d’engagement iranien sur le dossier nucléaire comme la cause principale de l’impasse. Washington exigeait de Téhéran un renoncement formel et durable à l’arme atomique — condition posée par le président Donald Trump depuis le déclenchement du conflit. « La question est simple : voyons-nous un engagement fondamental de la part des Iraniens à ne pas développer d’arme nucléaire — pas seulement aujourd’hui, pas seulement dans deux ans, mais à long terme ? Nous n’avons pas encore vu cela », a déclaré Vance devant la presse. Il a précisé laisser à Téhéran le temps d’examiner ce qu’il a qualifié d’offre « finale et la meilleure possible ».

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Le détroit d’Ormuz et le Liban, deux autres lignes de fracture

L’Iran a rejeté la responsabilité de l’échec sur des demandes américaines jugées déraisonnables, selon la télévision d’État iranienne. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, a identifié deux dossiers supplémentaires venus compliquer les discussions : le statut du détroit d’Ormuz, bloqué depuis le début du conflit par les Gardiens de la révolution avec des répercussions directes sur les prix mondiaux de l’énergie, et les dossiers régionaux, dont la situation au Liban. Israël y poursuit ses frappes contre le Hezbollah en affirmant que ce front n’est pas couvert par le cessez-le-feu — une position contestée par Téhéran. Selon l’agence semi-officielle iranienne Tasnim, Téhéran avait soumis aux médiateurs pakistanais quatre conditions déclarées non négociables, sans que leur contenu soit précisé publiquement.

Une trêve fragile, une suite incertaine

Le Pakistan, dont le Premier ministre Shehbaz Sharif a servi de médiateur tout au long du week-end, a appelé les deux parties à continuer de respecter le cessez-le-feu malgré l’échec. Ni Washington ni Téhéran ne se sont formellement prononcés sur son maintien. Trump avait prévenu avant les pourparlers que l’armée américaine se tenait prête à mener de nouvelles frappes en cas d’absence d’accord. Des négociations séparées entre Israël et le Liban sont attendues mardi à Washington.

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