Le capitaine Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso, a exclu tout retour prochain à un processus électoral, affirmant lors d’un entretien diffusé le 2 avril 2026 sur la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) que « la démocratie, c’est pas pour nous ». Ces déclarations interviennent au lendemain du premier anniversaire de la proclamation de la Révolution progressiste populaire (RPP).
Traoré assume la rupture avec le modèle démocratique
Interrogé par des journalistes burkinabè et étrangers — dont des représentants de la télévision publique italienne Rai et de la chaîne britannique Sky News —, le chef de l’État a été explicite : les élections ne figurent pas à l’agenda. Il a appelé les Burkinabè à « oublier la question de la démocratie », qualifiant le modèle occidental de système ayant conduit des pays africains à la misère, citant nommément la Libye en exemple.
Ce positionnement prolonge celui exprimé dès 2025, lorsque Traoré avait déclaré que le Burkina Faso « n’est pas dans une démocratie ». La RPP, proclamée le 1er avril 2025 au Palais de Koulouba à Ouagadougou, constitue le cadre idéologique officiel du régime. Un manifeste précisant ses grandes lignes devrait être publié dans les prochaines semaines, selon une annonce faite lors de la cérémonie anniversaire du 1er avril 2026.
Une charte qui repousse les élections à 2029
Sur le plan institutionnel, la Charte de la révolution adoptée par les autorités de transition autorise le capitaine Traoré à se maintenir au pouvoir pendant cinq ans à compter de juillet 2024, et à se porter candidat aux futures élections présidentielle, législatives et municipales prévues au terme de cette période, soit à l’horizon 2029.
Les partis politiques ont été dissous dans le cadre de cette refondation. Les autorités justifient cette mesure par la volonté d’éliminer ce qu’elles décrivent comme une corruption structurelle du système électoral, où des opérateurs économiques finançaient des candidats en échange de marchés publics.
L’Assemblée législative de transition, rebaptisée dans le cadre de la nouvelle charte, demeure l’unique instance représentative en activité. Aucune date d’élection n’a été fixée à ce stade.




« La démocratie, c’est pas pour nous »
Quand on voit les pays qui se posent comment étant les « défenseurs de la Démocratie », on a de quoi se poser la question