La RDC devrait devenir la 5e économie d'Afrique subsaharienne devant l'Éthiopie, selon le FMI

La République démocratique du Congo devrait dépasser l’Éthiopie pour s’imposer comme la cinquième économie d’Afrique subsaharienne en 2026, selon les projections du Fonds monétaire international publiées cette semaine lors des Assemblées de printemps à Washington. Le FMI évalue le produit intérieur brut congolais à 123 milliards de dollars cette année, contre 122 milliards pour l’Éthiopie — un écart d’un milliard qui placerait la RDC devant Addis-Abeba pour la première fois.

Un boom minier et une devise en hausse comme moteurs

Deux facteurs principaux expliquent cette progression selon le FMI : l’expansion du secteur minier et l’appréciation du franc congolais face au dollar. La RDC est le premier producteur mondial de cobalt et l’un des principaux fournisseurs de cuivre, deux minerais dont la demande mondiale reste soutenue par la transition énergétique. Le classement général de la région resterait par ailleurs inchangé en tête : Afrique du SudNigériaAngola et Kenya devancent les deux pays.

Un dépassement en valeur nominale, pas en dynamique de croissance

Le dépassement projeté repose sur le PIB nominal en dollars courants, une mesure sensible aux fluctuations de change. L’Éthiopie affiche pourtant un taux de croissance prévu de 7,1 % en 2026 selon le FMI, soutenu par les investissements hydroélectriques liés au Grand barrage de la Renaissance éthiopienne et par des réformes structurelles engagées depuis 2023, dont la libéralisation du taux de change. Avec un écart aussi serré entre les deux économies, une variation du franc congolais ou un ralentissement de la production minière pourrait suffire à inverser le classement avant la fin de l’année.

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Une région sous pression malgré des gains historiques

Ces projections s’inscrivent dans un contexte régional contrasté. Dans son discours d’ouverture du Regional Economic Outlook for Sub-Saharan Africa publié le 16 avril 2026, Abebe Selassie, directeur du Département Afrique du FMI, a salué une croissance régionale de 4,5 % en 2025 — le rythme le plus rapide en plus d’une décennie — portée notamment par les réformes macroéconomiques menées en Éthiopie et au Nigéria. Pour 2026, le FMI a révisé sa prévision à la baisse à 4,3 %, pénalisée de 0,3 point de pourcentage par les répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient sur les pays importateurs de pétrole de la région. Les chiffres définitifs du PIB 2026 ne seront disponibles qu’après la clôture de l’exercice fiscal.

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