Mpox importé d'Afrique : un chercheur camerounais du NIH inculpé aux États-Unis

Deux chercheurs employés par les Instituts nationaux de la santé américains (NIH) ont été inculpés le 2 juin 2026 par la justice fédérale pour introduction illégale de virus mpox sur le territoire américain. Parmi eux, Claude Kwe, ressortissant camerounais de 38 ans, et Vincent Munster, virologue néerlandais de 53 ans, avaient été interpellés en janvier à l’aéroport international de Détroit à leur retour de la République du Congo.

Les deux hommes travaillaient au Rocky Mountain Laboratory de Hamilton, dans le Montana, un établissement classé au niveau de biosécurité maximal (P4), spécialisé dans l’étude des pathogènes émergents. Selon le parquet fédéral du district Est du Michigan, 113 fioles ont été découvertes dans leurs bagages, dissimulées dans des glacières en polystyrène. Le FBI en a testé 20 : 17 contenaient du virus mpox désactivé, une du virus de la varicelle, et deux de l’ADN humain.

Des déclarations mensongères aux douanes

Les deux chercheurs ont indiqué aux agents des douanes américaines (CBP) que la mallette noire transportée contenait du matériel de diagnostic et d’équipement de test. L’enquête menée conjointement par le FBI et la CBP a établi que cette déclaration était fausse. Munster et Kwe n’ont présenté aucune certification réglementaire pour le transport de matières biologiques, pourtant obligatoire pour l’importation de pathogènes aux États-Unis.

Le procureur fédéral Jérôme F. Gorgon Jr. a estimé que les deux hommes avaient « apparemment enfreint les lois américaines en introduisant clandestinement des agents pathogènes viraux à bord d’un avion commercial bondé depuis une zone de foyer épidémique ».

Des intentions non établies à ce stade

Le parquet fédéral n’a pas précisé les motivations des deux mis en cause. Munster dirigeait la section d’écologie virale du NIH, dont les travaux portent sur le franchissement de la barrière inter-espèces par les virus émergents — une spécialité qui implique habituellement des missions de terrain en zones d’épidémie.

Le virus transporté étant désactivé, il ne présentait pas de risque infectieux direct. Cette distinction pourrait peser dans la suite de la procédure, sans modifier la nature des charges retenues.

Munster et Kwe devaient comparaître devant le tribunal fédéral de Missoula, dans le Montana. Chacun encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour complot en vue d’introduire clandestinement des matières biologiques et pour fausses déclarations à des agents fédéraux.

Laisser un commentaire